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Lundi 7 mai (St-Pierre d’Entremont – Bernin)

Je discute beaucoup avec Marie-Christine. Nous avons plusieurs intérêts en commun. Elle a aussi beaucoup participé à la construction de leur maison comme moi à Val-David. Elle m’impressionne. Elle fait tout : du petit point de broderie à la menuiserie. Dans l’avant-midi nous marchons jusqu’aux ruines du château d’Entremont juste à côté puis nous allons au village visiter l’appartement qu’ils sont à rénover et qui sera celui de Fanny.

Jean-Paul me fait aussi visiter son nouveau grenier à grain à côté de la maison. Il a récupéré les matériaux d’un ancien grenier et avec d’autres matériaux et selon des plans d’un modèle original, il a construit celui-ci. Il m’impressionne lui aussi. Tout ce travail et réalisé avec tellement de goût. Ils ont connus le Québec. Lui, géologue de formation, est venu au nord de notre province : Val-d’Or, Rouyn. Je retrouve un peu d’inspiration de chez nous chez eux : les raquettes en babiche accrochées sur leur mur de salon et ce tissu à carreau rouge et blanc dans ce grenier.

En début d’après-midi, Jean-Paul me reconduit en voiture en haut du col du Granier. Sans dérailleur, je n’aurais pu monter et c’est la route que je dois prendre pour ma nouvelle destination : Bernin. Toute une descente, j’en ai mal au bras à force de freiner. Je m’arrête par endroits juste pour reposer mes biceps : qui aurait dit ? reposer ses biceps en vélo!! Il faut dire qu’il y a le poids de mes bagages qui me pousse et la pente est plutôt forte. Je n’ai jamais fait de col : impressionnante cette descente. Après ce bris mécanique de la première journée, j’ai comme une crainte qu’il arrive autre chose. Je crois aussi que mon poids est mal équilibré droite-gauche. Mon vélo tangue parfois. Je devrai vérifier que c’est égal de chaque côté. Au bas du col je prends une route tranquille puis une autre que je n’aime pas tellement : beaucoup de circulation et peu de place sur le côté de la route. Même si le trajet n’est que de 40 km il me paraît presque plus long que celui d’hier. Je suis un peu fatiguée aussi, j’ai mal dormi et le décalage horaire se fait sentir. J’arrive enfin à Bernin. J’ai entré l’adresse de Francis dans mon GPS. Je trouve facilement sa maison.

Je suis heureuse de rencontrer à nouveau cet aventurier rencontré au Chili alors qu’il faisait le tour du monde en moto. Il a croisé beaucoup de gens pendant son voyage, il a été reçu parfois et il est heureux de recevoir ces personnes rencontrées lors de son périple. Déjà une cycliste espagnole est passée, bientôt des motards belges, rencontrés je ne sais plus où, et maintenant moi la cycliste québécoise. Je suis chanceuse d’être accueillie chez lui et très important je pourrai étirer mon séjour afin de recevoir la précieuse pièce de mon vélo qui me sera envoyée ici par mon ami Simon d’Italie.

Bernin est une petite ville à environ 20 km au nord-est de Grenoble tout à côté de Crolles. Deux municipalités très prospères grâce entre autres à une très importante société de semi-conducteurs. C’est aussi à Crolles que se trouve la société Petzl qui fabrique le matériel d’escalade et ces lampes frontales très connues.

Ici les montagnes nous entourent de partout. On y voit aussi la très impressionnante Dent de Crolles. Francis a une très ancienne et très grande maison, mais surtout un magnifique jardin.