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Vendredi 6 juillet (Riedlingen – Uberlingen (lac de Constance))

Je quitte Riedlingen sous un ciel gris. Hier, toujours dans le but de ne pas traîner de poids inutile, je me suis défait de mes réchauffe-genoux. Ces trucs que tu enfiles sur tes genoux qui vont des mollets jusqu’au cuissard. Ça faisait 2 semaines que je ne les avais pas mis. Ce matin je le regrette un peu. Je les aurais bien portés, mais j’ai quand même mes pantalons de pluie que je pourrais enfiler à la rigueur. Justement ça ne fait pas 1 heure que je suis partie qu’une pluie fine commence à tomber. Je dois dire que si j’étais à la maison, je ne sortirais pas faire du vélo sous la pluie, mais dans un contexte tout différent de moyen de transport ça ne me dérange pas vraiment. Je trouve même que bien protégé c’est plus facile que sous un gros soleil à 36 C.

Au début la piste est belle, asphaltée puis une piste en petit gravier qui longe la rivière. C’est plutôt ennuyeux ces pistes dans le bois. Une petite portion par jour ça va, mais c’est souvent trop. C’est le défaut de ces parcours le long des fleuves. En passant dans une petite ville, je vois un bureau de touriste. J’aimerais avoir une carte pour un bout du trajet que je veux faire aujourd’hui. La dame ne parle ni anglais, ni français, mais je réussis quand même à me faire comprendre. Elle me propose un autre trajet plus court que celui que je veux faire. Pourquoi pas? C’est un autre circuit cycliste moins fréquenté. Je comprends pourquoi…le trajet est vallonneux, rien de si difficile, mais ça fait un mois que je roule sur le plat. Mes mollets avaient oublié cet effort, mais moi par contre j’avais oublié le plaisir des descentes. Je suis beaucoup plus à l’aise qu’au début avec ce poids sur mon vélo. J’ai environ 15 kilos à l’arrière, plus ma sacoche entre les deux poignées. Le trajet est plus court, mais j’ai sûrement pris aussi longtemps que si j’avais suivi le circuit de l’Eurovelo qui était plus long. Je suis souvent arrêtée pour regarder ma carte, je demande mon chemin quelquefois, c’est plus long.

J’arrive à Uberlingen sur le lac de Constance. Les Allemands l’appellent plutôt le lac Bodense. À l’auberge de jeunesse beaucoup d’enfants, 11-12 ans. Il y en a souvent, des classes, des camps de vacances peut-être. Ce n’est plus la clientèle de voyageur du début de mon voyage.

Je vais me balader un peu dans la petite ville. Une belle promenade longe le lac. Un peu plus loin des gens sont à prendre un verre de vin sur un terrain gazonné. Ils sont à l’entracte de la pièce du théâtre d’été qui s’y joue: Tartuffe de Molière… en allemand.