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Mercredi 11 juillet (Allemagne – Suisse)

C’est la première fois que je me réveille en entendant la pluie sur ma tente. Je pars ce matin. Heureusement elle cesse rapidement. Je prépare mes sacoches, il ne me reste que ma tente… Non ! pas vrai !  la pluie qui recommence!. Piéter, qui me voit m’activer, vient me donner un coup de main. Je n’ai jamais défait ma tente aussi vite. Claire qui tient le camping nous avait avertis. Le temps change très rapidement autour de ce grand lac. Le plus grand d’Allemagne. Un orage peut se lever en quelques minutes.

Je pars pour prendre le ferry Meerburg-Konstanz qui m’amènera de l’autre côté du lac. Je m’attarde en passant à travers Konstanz. Comme beaucoup d’autres villes que j’ai traversées il y a cette très grande zone piétonnière qui couvre une bonne partie de la vieille ville: toujours très vivante, des terrasses, beaucoup de monde et pas seulement des touristes. Une quantité impressionnante de vélos sont stationnés à ses abords, car ils n’ont pas le droit d’y circuler.

Je me repose sur un banc, un homme s’approche, il regarde Vai-Vai attentivement, il tourne autour,  il me dit que c’est un très beau vélo, il semble s’y connaître. Il me dit qu’il a fait la Norvège pendant 2 mois à vélo il y a 1 an. Il parle lentement, il cherche ses mots. Il est un peu étrange.  Mais après je comprends… il m’explique qu’il a été opéré il y a 2 mois pour une tumeur au cerveau, il vient les yeux pleins d’eau. Pauvre homme, quelle tristesse. Il est à peine plus âgé que moi. Il est au centre de réhabilitation que je vois juste à côté. Il m’envie d’être sur mon vélo.

Je traverse le pont, je suis maintenant…en Suisse!! Comme Nord-Américaine qui n’a qu’un pays comme voisin, je trouve fantastique de changer ainsi de pays, de culture en si peu de temps.  La différence n’est pas nécessairement visible tout près de la frontière. Les maisons se ressemblent, les Suisses près de l’Allemagne parlent allemand, les Italiens près de l’Autriche parlent souvent  allemand,  les Hongrois près de l’Autriche aussi.

Je longe donc maintenant le Rhin vers l’ouest. Je traverse de magnifiques champs de tournesol. Je longe des champs de pommiers, tiens un petit kiosque avec une glacière remplie de grosses bouteilles et des verres. C’est écrit « Applesaft » , je me demande si c’est du jus ou du cidre. Je sors mon dictionnaire: jus de pomme. Personne autour, juste une petite caisse dans laquelle tu déposes ton 1 franc…rafraîchissant ce jus. Sur mon parcours, je m’arrête à Stein am Rhein. Il est 3 heures, des groupes arrivent aussi à vélo. C’est un arrêt obligatoire. Sur la place centrale, presque toutes les maisons ont de grandes fresques peinturées sur leurs murs. La plus ancienne date du 16ie siècle.

Je décide d’arrêter au camping juste après. Il y a toujours de la place pour une petite tente. Contrairement au Québec où chacun doit avoir son terrain, ici, pour les tentes, c’est souvent un grand terrain sans numéro où chacun s’installe comme il veut. Il y a presque toujours beaucoup plus de « camping car » que de tentes. Ah, j’oubliais… pas de table à pique-nique, mais la plupart du temps un endroit où on peut aller s’asseoir à l’abri quelque part dans le camping et souvent un restaurant aussi.

On m’avait dit que la Suisse était chère. C’est vrai!! Je crois bien que la bouffe coûte le double,  autant à l’épicerie que dans les restaurants. Nous ne sommes plus en euros, mais bien en francs suisses.