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Du 26 au 28 juillet

Mercredi 26 juillet (Agde) 

Il fait encore beau. Je décide d’aller me balader côté ville que je n’ai pas vraiment vu. Je suis chanceuse, c’est jour de marché aujourd’hui. Des étals de fromages, d’olives, de charcuterie, des traiteurs offrant du couscous, de la paella. Tout semble savoureux. Je fais quelques achats. 

Dans l’après-midi, un tour du côté du Cap D’Agde; pas vraiment ma tasse de thé. Très artificiel: des Aquaparc, des Dynaparc, des mini-golf, pas beaucoup de verdure. Oui, il y a de belles plages mais trop de monde. Je fais quand même un arrêt baignade mais ne m’attarde pas. 

Le soir je retourne au même petit resto. Sur la même scène qu’hier, un spectacle son et lumière sur l’histoire d’Agde. Un ancien navire arrive par le canal, puis une barque avec plusieurs rameurs en costume d’époque, de la musique, de la danse: beau spectacle. 

Jeudi 27 juillet (Agde-Capestang) 

Le matin avant de quitter le camping je fais un arrêt dans la zone Wi-Fi. Un gars me demande si je peux vérifier la méteo du côté de la Bretagne: pluie, 17c. Il semble un peu découragé. Lui et sa famille partent demain. Les vacances sont finies. Il me dit que chez lui avant de partir ils n’avaient pas eu d’été encore et que c’était pareil pour tout le nord. Vraiment à n’y rien comprendre côté météo depuis les 2-3 dernières années. Pas étonnant qu’il y ait tant de touristes de la Belgique, de la Hollande, du nord de la France. Ils viennent chercher l’été. Au Québec, il paraît qu’il fait beau depuis plus d’un mois avec des températures très chaudes 28c-32c. Un bel été. 

Je fais un arrêt petit-déjeuner à une boulangerie de la ville. Deux dames et un homme, des commerçants, sont attablés à côté de moi. J’engage la conversation. Nous rigolons. Ils ont beaucoup d’humour. Lui, a le commerce juste en face: savons de Marseille, bijoux et autres. Un peu plus sérieusement, il me parle des endroits où je devrais aller, des touristes, du département de Henault où nous sommes, un des plus touchés par le chômage. 

Bon, il est temps que je parte. Je trouve le Canal du Midi et m’y engage. Oups…c’est ça!! J’ai roulé sur des chemins non-asphaltés en Autriche, en Allemagne…mais là! Je me dit que ce sera mieux plus loin mais pas vraiment. Vai-Vai: pas trop heureux. C’est vrai que je n’ai pas vraiment le vélo pour rouler ici, mais même un vélo de cyclo-touriste ne doit pas trop apprécier. Je ferai autour de 55 km dans ma journée. Ce n’est pas énorme mais je crois que je suis plus fatiguée que si j’en avais fait 90: toujours concentrée à éviter des trous, des cailloux, Il y a des sections pas si terribles mais d’autres pas plus larges qu’une ornière avec même des racines à éviter. Malgré la beauté et l’ombre de ses magnifiques platanes qui le bordent, je décide que demain je ne roulerai pas sur le Canal. J’emprunterai la route. 

J’arrive dans la petite ville de Capestang. Le ciel est menaçant. Je me dépêche de trouver le camping. Je crois que je n’ai jamais monté ma tente aussi vite. Après avoir monté la première partie, la pluie commence à tomber plus sérieusement. Je dois avoir l’air ridicule. Je suis penchée sur ma tente, le double toit par-dessus la tête essayant de le fixer avant que le fond ne soit mouillé. La pluie cesse peu de temps après. Le soir je rencontre Geneviève et Guy un couple de marcheurs français qui font le Canal du Midi à pied. Je passe un peu de temps avec eux. Il y a un couple d’anglais aussi arrivés juste après moi à vélo. 

Vendredi 28 juillet (Capestang – Lezignan-Corbières) 

J’organise mes trajets en fonction des campings qu’il y a le long ou près du Canal du Midi. Il fait si beau que c’est là que j’ai le goût d’être, mais aussi parce qu’il y a comme une confrérie des cyclistes qui y règne. Il y a normalement un grand terrain sans emplacements spécifiques, la plupart du temps ombragé où chacun s’installe où il veut. Les échanges se font facilement. On parle de parcours, d’idées d’arrêts ou de trajets intéressants mais aussi de belles discussions. 

Beau parcours aujourd’hui. Je dirais un tier Canal du Midi, deux tiers route. J’allonge exprès mon trajet, j’ai le temps. Je passe dans de petits villages, assez perdus, pas touristiques du tout. Beaucoup de vignobles mais aussi dans certains villages plus près du Canal, des commerces de dégustation et de vente de vin si peu cher comparé au Québec. 

Le camping municipal de Lezignan-Corbières où je m’arrête est vraiment bien. Plus tard, je vois arriver une fille à vélo: toute seule!!  C’est seulement la deuxième que je rencontre depuis presque 3 mois que je suis partie: Dominique. Elle est en vacances pour une dizaine de jours. Elle me dit qu’elle a de bons amis québécois à Mascouche!! Une banlieu éloignée de Montréal. Nous discutons pendant un bon moment.