Mardi 7 août (Le retour)

Ça y est…le 7 août c’est tout…C’est aujourd’hui que je termine mon voyage. Je suis heureuse de l’avoir fait mais je suis aussi contente de rentrer. J’avais un billet ouvert, je pouvais donc choisir ma date de retour.

Jean et Andrée me reconduise à l’aéroport. Dans l’avion je reconnais un agent de bord qui était là dans mon vol du 4 mai. Je n’ai pas l’impression que ça fait déjà 3 mois. J’entends parler québécois partout autour de moi…ça me fait tout drôle.

Richard est là à mon arrivée…tout beau, une fleur à la main…Nous quittons l’aéroport pour Montréal mais avant de se rendre chez ma soeur, où le reste de la famille nous y rejoindra un peu plus tard, nous allons dans un café pour un bon moment pour se retrouver un peu tous les deux.

Chez Suzanne, tout le monde est là, il ne manque que notre aîné Guillaume retenu en Gaspésie pour le travail. Donc Sébastien et Sina dont le petit bedon se fait bien voir maintenant : le bébé est pour fin octobre, Nicolas et sa copine Laurence, Maher le copain de Suzanne, Sophie-Audrey la copine de Guillaume et mon amie Julie. Je suis heureuse de tous les retrouver. À la fin de la soirée, Richard et moi revenons chez-nous à Val-David, dans les Laurentides.

J’aimerais dans les prochaines semaines écrire les textes des journées qui manquent sur ce site. J’ai pris des notes tous les jours dans mon petit carnet. Je pourrai donc me rappeler ces journées.

Voilà je l’ai complété ce voyage. Merci à Vai-Vai. Un grand merci à tous ceux qui m’ont aidé.

 

4 – 6 août (Toulouse)

Le décompte est commencé pour mon retour à la maison: 3 jours que je passerai tranquille chez Andrée et Jean. Jean-Philippe, leur fils, a contacté un ami qui possède un magasin de vélo. Il pourra me fournir une boîte de carton pour emballer mon vélo pour mon retour en avion. Jean s’y rend avec moi ce matin pour la récupérer. Je suis chanceuse d’avoir toute cette aide avant mon départ. Les préparatifs me sont de beaucoup facilités.

Toulouse est surnommée « La ville rose » en raison de la couleur du matériau de construction traditionnel local, la brique en terre cuite. Avec Andrée je visite le centre-ville avec ses belles places, ses rues piétonnières, la place du Capitol, la basilique Saint-Sernin.

Andrée et Jean habitent une banlieue de Toulouse: Auzeville-Tolosane. Une balade en vélo dans les environs me permet de constater que la campagne est là, tout près, à côté de cette grande ville: champs de tournesol, fermes, cultures. Ça m’étonne d’être en même temps à 15-20 minutes du centre-ville et si près de la nature. J’ai l’impression que l’étalement urbain a été bien contrôlé ici, densifiant les quartiers bien desservis par le transport en commun avant de construire à des kilomètres de la ville.

Avec Jean, je me rends le dimanche matin au grand marché des Halles. Encore une fois je suis impressionnée par tous ces bons aliments sur les étales: la tradition de la bonne bouffe est présente partout. Un marchand entre autre qui ne vend que de l’agneau. Jean y achète des tranches de gigot et des souris d’agneau qu’il cuisinera demain: je suis gâtée.

 

Vendredi 3 août (Lac de Ganguise – Toulouse)

Je suis prête à partir, mais j’attends un peu ce n’est qu’à 9h que je peux aller chercher les croissants commandés la veille à la réception du camping. Je salue Patricia et Didier et ils m’invitent à venir manger mes viennoiseries avec eux. Nous placotons un bon bout de temps. Oui, amis français, nous disons « placoter » au Québec, c’est l’équivalent de votre « papoter ». Finalement je partirai encore tard, mais je ne suis pas pressée et je n’ai que 55 km jusqu’à ma prochaine destination.

La région est belle à rouler. Des vallons, parfois de bonnes montées, mais évidemment de belles descentes. J’ai décidé d’aller rejoindre le Canal du midi à environ une dizaine de kilomètres qui m’amènera à Toulouse. Ce serait beau aussi de rouler sur ces belles routes de campagne, mais je me dis que ce sera plus facile d’arriver près de la ville par le Canal.

Ce sera ma dernière destination… Andrée et Jean m’y attendent. Je ne les connais pas ce sont de bons amis d’amis à moi de Val-David. Une quinzaine de kilomètres avant d’arriver,  je les appelle pour leur dire que j’arriverai bientôt. Ils me proposent de venir me rejoindre sur le Canal à Port Sud. Je poursuis ma route. Je croise encore quelques écluses. Je commence à voir quelques péniches amarrées le long de la rive, je me dis que je dois être arrivée à Port Sud. Je vois quatre personnes un peu plus loin sur le chemin: « C’est elle, c’est elle!! » Eux m’ont reconnue à cause des photos sur mon site, mais moi je ne les connais pas. C’est vraiment sympa ce comité d’accueil. Je garde ce beau moment en mémoire, ce bel accueil, chaleureux dès le départ: il y a Andrée, Jean, mais aussi Eléa la nièce de Jean et son copain Alexandre en visite chez eux.

Le soir Jean-Philippe, leur fils, accompagné de son garçon, le jeune Pablo, et de sa copine Véronique, se joindra à nous pour le souper. Jean s’active à la cuisine et au BBQ. Nous mangerons comme des rois: champignons farcis, moules, magret de canard et pour terminer le bon dessert d’Andrée, un festin. Après la cuisine plutôt simplifiée de mes dernières semaines, je savoure avec délice tous ces bons plats.

Jeudi 2 août (Lac de Ganguise à Belflou)

Il est tôt. Rien ne bouge dans les tentes autour de moi. Je me dis qu’une saucette matinale dans le lac serait bien agréable. Zeeeeeee…Zeeeeee, il me semble que la fermeture éclair de ma tente est bien bruyante dans ce petit matin. Oui, l’eau est bonne comme je pensais. Quelques brasses et je suis bien réveillée. C’est un barrage érigé il y a plus de 30 ans sur la rivière Ganguise qui a créé ce lac grugeant ainsi les terres des propriétaires riverains. La raison était bonne:  l’irrigation agricole de la région. C’est Monique et ses parents qui tiennent le camping. Le papa (84 ans) semble encore amer de ces hectares qui lui ont été enlevés.

Aujourd’hui, journée relaxe. Je me baigne, j’écris, je suis en retard, pas très disciplinée la fille, mais quand je suis avec des gens je profite des rencontres, je laisse donc de côté l’écriture. Pour moi, c’est plus important. J’ai quand même toujours mon petit carnet où j’inscris quelques notes. Je ne veux pas oublier.

Je suis chanceuse, ce soir Monique a organisé un souper cassoulet pour les campeurs. Une grande table est montée dans la cour intérieure de l’auberge. Nous serons 50 personnes. Monique invite ceux qui sont intéressés, à aller voir le cassoulet qui finit de cuire dans le vieux four à bois. Peu de gens le cuisinent encore de cette façon. Ce sera une belle soirée où je fais la connaissance de Patricia et Didier un couple de la Bretagne. Je ne les avais pas remarqués, leur tente n’est pas très loin de la mienne.

Mercredi 1er août (Carcassone – Montréal – Castelnaudary – Lac de Ganguise)

8h30, record pour moi aujourd’hui: ma tente défaite, mes bagages sur mon vélo, j’ai pris mon petit-déjeuner et je quitte le camping. Mon ami André de Val-David m’a dit que je devais manger un cassoulet à Castelnaudary, cette ville qui sera sur ma route aujourd’hui. Il l’a même écrit dans mon Livre d’or. Je n’ai pas le choix!! Cette ville possède d’ailleurs le titre de « capitale mondiale du Cassoulet ». 11 h, j’ai faim, mais je ne mange pas beaucoup, je veux garder ma faim. Je me rallonge en passant par Montréal. Ben oui! un Montréal ici: Montréal sur l’Aude. C’est très petit. Une dame à qui je demande une information me dit qu’elle se rappelle lorsque Jean Drapeau, alors maire de Montréal chez nous dans les années 70, était passé chez eux. J’y prends une photo d’un grand crucifix sur une place publique. Ça me fait penser à Francis qui me disait qu’un de ses films préférés était « Jésus de Montréal », un film québécois.

En arrivant à Castelnaudary, je quitte le chemin de halage du Canal. Là, sur un banc, une dame à qui j’adresse la parole. Elle écrit des articles pour le petit journal de la ville et veut parler à des gens qui font Le canal du Midi à vélo. Elle semble heureuse de me rencontrer. Venant du Canada et voyageant seule, elle trouve que je fais plus exotique que les autres cyclistes qu’elle a rencontrés. Elle m’interroge, me prend en photo. Il devrait y avoir bientôt un article sur moi dans un prochain numéro…C’est drôle..Elle m’avertira quand il sortira.

Il est finalement 2h. lorsque je m’attable au petit resto « Le Petit Gazouilli ». C’est un vieux monsieur sur la rue qui me l’a recommandé: pas cher et délicieux. À la table à côté, un couple de Français aussi en visite ici, Anne et Jean-Philippe, avec qui je parle tout le long du repas: vraiment sympathiques. Je m’arrête au bureau touristique pour quelques infos. J’y rencontre un couple d’Angers à vélo: Pascal et Hélène. Toujours facile d’engager la conversation entre cyclistes. Ils me conseillent de beaux circuits de cyclotourisme dans leur région.

Je quitte Castelnaudary. Bon, je sais que je n’aurais pas dû prendre ce repas le midi, mais comme ce n’est pas la destination finale de ma journée, je continue ma route. Je me demandais André, tu as déjà pédalé avec dans l’estomac: une salade, un cassoulet et un dessert ??  Ouais…C’est vrai que toi avec ton vélo électrique, tu peux rouler dans n’importe quelle condition.

Je me rends jusqu’à un camping sur le bord du lac de Ganguise à Belflou: Le Cathare. C’est en pleine campagne, rustique, tranquille. Ce sera mon avant-dernière destination avant le retour. J’ai le goût d’y rester 2 nuits. J’en profiterai pour écrire un peu.

Arrivent 4 jeunes hollandais: trois gars et une fille. Je parle un peu avec eux. Plus tard, ils m’invitent à souper. De beaux jeunes: Chelsea, Olaf, Sjoerd et Bart. Ils termineront bientôt leurs études universitaires.

 

 

31 juillet (Johnny à Carcassonne)

Le matin, mes 3 jeunes voisins français m’invitent pour le petit-déjeuner. Ils partent à vélo. J’aurais bien fait un bout de chemin avec eux, mais je reste pour celui qui m’a donné rendez-vous à Carcassonne…Johnny. Je vais me balader du côté de la Bastide Saint-Louis. Cette autre ancienne partie de la ville construite alors qu’il n’y avait plus de place à l’intérieur des murs de la Cité. C’est jour de marché aujourd’hui. J’achète du nougat coupé à même de gros blocs de différentes saveurs.

Belle soirée en perspective: beau temps, juste assez de vent. Il paraît qu’il vente toujours à Carcassonne: raison pour laquelle il y fait si beau. Les vents repoussent les nuages. Même s’il y a des touristes de partout ici les spectateurs qui arrivent au théâtre semblent tous français. J’ai une belle place dans la 14ie rangée. Le spectacle sera finalement pour moi, Québécoise, autant dans les gradins que sur la scène: de voir tous ces fans de Johnny Hallyday qui connaissent toutes ses chansons, toutes les paroles, qui dansent, des gens de tous les âges. Tout au long de la soirée, des spectateurs des gradins plus haut descendent et viennent s’asseoir dans les marches plus bas. Je vois une femme je dirais début quarantaine aidant et tenant par la taille une dame plus âgée 75-80 ans descendant à côté de moi: sa mère, sa tante ? La jeune entraîne l’autre aussi prêt que possible de la scène. Elles tendent la main espérant que Johnny leur serre. Elles sont touchantes à voir. Il a une belle voix ce Johnny Hallyday. Je connaissais certaines de ses chansons, mais d’autres très belles que je ne savais même pas qu’elles étaient de lui, dont la très belle « Que je t’aime ».

 

29 et 30 juillet (Carcassonne)

Dimanche 29 juillet (Lézignan-Corbières – Carcassonne)

Ah! ces Français qui aiment tant le bon pain et les croissants. J’en profite. Dans presque tous les campings ici, on peut commander la veille sa baguette ou ses viennoiseries pour le lendemain. Ils seront ramassés pour nous, le matin, tous frais à la boulangerie du village.

Je pars donc bien rassasiée. Encore aujourd’hui je choisis un trajet qui mêlera route et Canal. Sur une route vraiment perdue entre 2 petits villages au loin je vois un vélo avec des bagages de cyclotourisme et une fille arrêtée qui cueille de petits fruits. Il est où le copain, le mari, le « chum » ? Il doit être allé faire pipi du côté du chemin là, juste à côté. Mais non…une fille qui voyage seule. Une, rencontrée en 3 mois et deux en deux jours!! Une jeune Suisse de Bern. Elle a choisi comme moi de faire des bouts sur la route. Dommage, nous n’allons pas dans la même direction.

À partir de Trèbes, je poursuis sur le Canal jusqu’à Carcassonne. Sur plusieurs platanes, une croix blanche. Ce sont des arbres malades qui devront être abattus. Plusieurs l’ont déjà été. Un parasite les attaque. Combien en restera-t-il dans quelques années ? La maladie se transmet d’un arbre à l’autre. C’est vrai, je n’ai pas encore parlé de ces nombreuses péniches qui descendent le canal. Il y en a beaucoup. Des vacanciers, pour la plupart, qui ont choisi ce mode de transport pour se déplacer, se reposer. Nul besoin de permis pour les louer.

Carcassonne, on me l’avait dit, il y a beaucoup de touristes dans cette ville. Je pensais aller à l’auberge de jeunesse à l’intérieur des murs de la Cité. Je me disais que ce serait bien d’être en plein milieu de cette cité médiévale. Je choisis plutôt le camping qui est seulement à 15-20 minutes de marche. Il fait beau, il fait chaud, on y respire, j’y serai tellement mieux que là-haut avec tous ces touristes et cette chaleur.

Le soir, je prends une petite marche pour voir de plus près cette cité médiévale. Impressionnante sur sa colline, cité imprenable. J’imagine ces chevaliers, ces combattants surveillant ce couloir entre la montagne Noire et les Corbières, emplacement stratégique entre la mer Méditerranée et l’océan Atlantique.

 

Lundi 30 juillet (Carcassonne)

À côté de mon emplacement, trois jeunes sont installés. Ce sont des Français qui roulent depuis 1 mois. Ils arrivent de Lille dans le nord. Le matin avant de partir je parle un peu avec eux. Ils m’offrent un thé. Ils sont très sympathiques: Maxime, Olia et Julien. Ils ont exactement l’âge de mes 3 garçons.

Je me dirige vers la Cité. Beaucoup de touristes, des terrasses, des boutiques, mais c’est comme ça. Les endroits exceptionnels sont toujours très fréquentés. Les photos en disent plus que ce que je pourrais dire. À l’intérieur des murs un théâtre en plein air avec une affiche: Johnny Hallyday y chantera ce soir, mais aussi demain. Je continue à marcher, mais…hum…ça me trotte dans la tête ce spectacle. C’est quand même toute une légende cet homme et ce théâtre n’est pas très grand et ce décor…Il me semble que ce serait une belle soirée. Allez, je me décide. Il ne restait que 2 billets pour le lendemain soir. J’achète!! Je resterai un soir de plus que prévu à Carcassonne.

Le soir, je me suis inscrite à une visite guidée à vélo de la ville et de ses berges, qui se terminera par une dégustation de vin et de produits du terroir. J’ai adoré. Quelle belle formule! Nous sommes six avec notre guide Julien. Son collègue, qui possède l’entreprise de location de vélo avec lui, exploite aussi un petit vignoble: une entreprise familiale de ses parents. D’où l’idée qu’ils ont eue cet été de combiner ces 2 activités.

 

 

Du 26 au 28 juillet

Mercredi 26 juillet (Agde) 

Il fait encore beau. Je décide d’aller me balader côté ville que je n’ai pas vraiment vu. Je suis chanceuse, c’est jour de marché aujourd’hui. Des étals de fromages, d’olives, de charcuterie, des traiteurs offrant du couscous, de la paella. Tout semble savoureux. Je fais quelques achats. 

Dans l’après-midi, un tour du côté du Cap D’Agde; pas vraiment ma tasse de thé. Très artificiel: des Aquaparc, des Dynaparc, des mini-golf, pas beaucoup de verdure. Oui, il y a de belles plages mais trop de monde. Je fais quand même un arrêt baignade mais ne m’attarde pas. 

Le soir je retourne au même petit resto. Sur la même scène qu’hier, un spectacle son et lumière sur l’histoire d’Agde. Un ancien navire arrive par le canal, puis une barque avec plusieurs rameurs en costume d’époque, de la musique, de la danse: beau spectacle. 

Jeudi 27 juillet (Agde-Capestang) 

Le matin avant de quitter le camping je fais un arrêt dans la zone Wi-Fi. Un gars me demande si je peux vérifier la méteo du côté de la Bretagne: pluie, 17c. Il semble un peu découragé. Lui et sa famille partent demain. Les vacances sont finies. Il me dit que chez lui avant de partir ils n’avaient pas eu d’été encore et que c’était pareil pour tout le nord. Vraiment à n’y rien comprendre côté météo depuis les 2-3 dernières années. Pas étonnant qu’il y ait tant de touristes de la Belgique, de la Hollande, du nord de la France. Ils viennent chercher l’été. Au Québec, il paraît qu’il fait beau depuis plus d’un mois avec des températures très chaudes 28c-32c. Un bel été. 

Je fais un arrêt petit-déjeuner à une boulangerie de la ville. Deux dames et un homme, des commerçants, sont attablés à côté de moi. J’engage la conversation. Nous rigolons. Ils ont beaucoup d’humour. Lui, a le commerce juste en face: savons de Marseille, bijoux et autres. Un peu plus sérieusement, il me parle des endroits où je devrais aller, des touristes, du département de Henault où nous sommes, un des plus touchés par le chômage. 

Bon, il est temps que je parte. Je trouve le Canal du Midi et m’y engage. Oups…c’est ça!! J’ai roulé sur des chemins non-asphaltés en Autriche, en Allemagne…mais là! Je me dit que ce sera mieux plus loin mais pas vraiment. Vai-Vai: pas trop heureux. C’est vrai que je n’ai pas vraiment le vélo pour rouler ici, mais même un vélo de cyclo-touriste ne doit pas trop apprécier. Je ferai autour de 55 km dans ma journée. Ce n’est pas énorme mais je crois que je suis plus fatiguée que si j’en avais fait 90: toujours concentrée à éviter des trous, des cailloux, Il y a des sections pas si terribles mais d’autres pas plus larges qu’une ornière avec même des racines à éviter. Malgré la beauté et l’ombre de ses magnifiques platanes qui le bordent, je décide que demain je ne roulerai pas sur le Canal. J’emprunterai la route. 

J’arrive dans la petite ville de Capestang. Le ciel est menaçant. Je me dépêche de trouver le camping. Je crois que je n’ai jamais monté ma tente aussi vite. Après avoir monté la première partie, la pluie commence à tomber plus sérieusement. Je dois avoir l’air ridicule. Je suis penchée sur ma tente, le double toit par-dessus la tête essayant de le fixer avant que le fond ne soit mouillé. La pluie cesse peu de temps après. Le soir je rencontre Geneviève et Guy un couple de marcheurs français qui font le Canal du Midi à pied. Je passe un peu de temps avec eux. Il y a un couple d’anglais aussi arrivés juste après moi à vélo. 

Vendredi 28 juillet (Capestang – Lezignan-Corbières) 

J’organise mes trajets en fonction des campings qu’il y a le long ou près du Canal du Midi. Il fait si beau que c’est là que j’ai le goût d’être, mais aussi parce qu’il y a comme une confrérie des cyclistes qui y règne. Il y a normalement un grand terrain sans emplacements spécifiques, la plupart du temps ombragé où chacun s’installe où il veut. Les échanges se font facilement. On parle de parcours, d’idées d’arrêts ou de trajets intéressants mais aussi de belles discussions. 

Beau parcours aujourd’hui. Je dirais un tier Canal du Midi, deux tiers route. J’allonge exprès mon trajet, j’ai le temps. Je passe dans de petits villages, assez perdus, pas touristiques du tout. Beaucoup de vignobles mais aussi dans certains villages plus près du Canal, des commerces de dégustation et de vente de vin si peu cher comparé au Québec. 

Le camping municipal de Lezignan-Corbières où je m’arrête est vraiment bien. Plus tard, je vois arriver une fille à vélo: toute seule!!  C’est seulement la deuxième que je rencontre depuis presque 3 mois que je suis partie: Dominique. Elle est en vacances pour une dizaine de jours. Elle me dit qu’elle a de bons amis québécois à Mascouche!! Une banlieu éloignée de Montréal. Nous discutons pendant un bon moment.

 

 

 

 

 

 

 

 

Du 23 au 25 juillet (Blonay – Agde)

Lundi 23 juillet (Genève-Bernin)

Ce matin, André me reconduit au train à Genève. Rapidement, avant de partir, je réussis à avoir la ligne téléphonique d’Air Transat pour réserver ma date de retour en avion. À plusieurs reprises j’avais essayé mais difficile d’avoir la ligne. La première date disponible en début août est le 7. Je prends. Comme m’a dit Fabienne « Le 7 août, c’est tout!! ».

Genève, je fais mes adieux à André. Richard et moi espérons le voir arriver un jour chez nous à Val-David. À la gare de Chambéry, je retrouve Francis qui est venu me chercher. Je suis gâtée avec tous ces gens qui m’aident. Il m’apprend que Marie et Alain rencontrés au début de mon voyage seront aussi à la maison. Je suis contente de les rencontrer à nouveau.

Mardi 24 jullet (Bernin)

Maintemant que je connais ma date de retour je peux planifier la suite. J’achète mon billet de train qui m’amènera à Agde sur le bord de la Méditerranée d’où je pourrai emprunter le Canal du Midi. La distance jusqu’à Toulouse: 240 km. J’ai beaucoup de temps pour me rendre, trop. Je prendrai mon temps, je savourerai les derniers moments de mon voyage. J’arrêterai plus d’une journée au même endroit, Carcassone entre autres. Je pourrai faire de petites incursions en dehors de cette voie du Canal qui me rajouteront quelques kilomètres. J’ai eu Andrée et Jean, de Toulouse, au téléphone hier. Ils me disent que j’arrive quand je veux. Jean m’offre de faire la dernière portion du trajet à vélo avec moi. Ce sera bien.

Il y a plusieurs journées dans mon voyage où je n’ai pas roulé. Mon kilométrage n’est pas si élevé pour 2 mois 1/2. Ce n’était pas le but non plus. Quand je suis quelques jours chez des gens que je connais, souvent je ne roule pas beaucoup ou pas du tout. Peu m’importait aussi le nombre de pays visités. Mais c’est vrai, je n’ai pas encore écrit ces 2 journées: l’une où, à vélo, je me suis rendue en Slovénie à la première petite ville à quelques kilomètres de l’autre côté de la frontière autrichienne, ni cette autre où je suis allée à Budapest en autobus à partir de Vienne…ni cette autre aussi de bon coup de « blues » quelque part en juin. Mais il n’y en a pas eu beaucoup des comme ça. Heureusement…

Au souper, je rencontre d’autres amis de Francis: Agnès et Pierre. Nous aurons de belles discussions, de bons échanges.

Mercredi 25 juillet (Bernin – Agde)

Ce matin je quitte Bernin pour me rendre à Agde en train. C’est là que commence le Canal du Midi à partir de la Méditerranée. J’aurai 2 transferts. Je commence à être habituée. Pour ce trajet, avec au début un train régional (TER) puis un bout avec un TGV avec réservation vélo et un autre TER, je n’ai pas à démonter et mettre mon vélo dans un sac. C’est toute la différence avec le premier trajet que j’avais fait au début de mon voyage de la France jusqu’en Italie où je devais transporter mes bagages et mon vélo emballé: plutôt lourd. Ces trains, ces transferts tout ça était nouveau pour moi. Vous allez rire de moi amis Européens mais je ne savais même pas qu’il fallait regarder les panneaux pour connaître le quai de départ. Au Québec le réseau de train est très peu ou pas développé. C’est dommage.

Bon!! Mon TGV est arrêté en plein milieu du trajet, problème sur la voie. Je raterai ma prochaine correspondance c’est certain. Je ne m’énerve plus maintenant. Il y en aura bien un autre. Effectivement un autre train quitte 1h plus tard pour la même destination. Je suis dans ce train au moment òu j’écris. Un peu des platitudes tout ça mais je me désennuie en écrivant.

Agde, de l’antiquité jusqu’au XVIIIe siècle, cette ville sera l’un des ports de commerce les plus importants de la Méditerranée (c’est écrit dans le guide…). J’ai l’impression que c’est maintenant le tourisme qui doit faire vivre en partie cette ville. Il y a beaucoup de monde. Beaucoup de campings près de la mer, tous pleins à craquer. C’était écrit « full » sur une pancarte quand je suis arrivée à mon camping situé le long du canal, entre la ville et la mer. La dame m’a quand même trouvé une place dans un petit coin bien tranquille.

Je décide d’aller souper côté ville. Plusieurs restos sur le bord du canal. Arrivant de la Suisse, les prix ici me semblent tous plutôt raisonnables. J’en repère un il ne semble pas rester beaucoup de tables, peut-être une ou deux. Je demande si je peux avoir une place: « désolée madame nous sommes complets » . Bon, je repars mais avant je l’entends répondre à deux dames qui arrivent après moi qu’elles sont chanceuses, il reste encore une table…ah! pas gentil ça, non pas gentil!! Mais ce fut un mal pour un bien. Je m’arrête juste un peu plus loin dans un petit resto genre bouffe rapide  avec quelques plats intéressants. Une petite table au bord de l’eau. Sur l’autre rive, beaucoup de gens tout le long avec des chaises et devant une grande scène en plein milieu du canal. Je m’informe. Un peu plus tard, il y aura Axelle Red en spectacle. Je serai aux premières loges!! Un couple et leur fille s’installe juste à côté. Lui me dit « Bon appétit » quand je reçois mon assiette. « Bon appétit », je n’avais pas pensé à cette formule pour entrer en contact avec des gens. »Bon appétit », je retiens. Nous converserons une partie de la soirée. Ce sont des hollandais: Aafke, Janjoost et Belle, leur fille. J’ai rencontré à quelques reprises des hollandais dans mon voyage et à chaque fois le contact est facile, sympatique, intéressant.

Je reviens un peu tard au camping et je décide que je dormirai ici une autre nuit. Je n’ai pas visité la ville et je me dis que j’irai faire un tour du côté du cap d’Agde.  Peut-être aussi une petite pause à la mer. J’ai le temps.

Du 17 au 22 juillet (Blonay)

Mardi 17 juillet (Blonay)

Petite journée tranquille aujourd’hui. C’est bon de s’arrêter ainsi….

Je fais ma lessive,  j’écris un peu.  En début d’après-midi je décide de descendre au village faire quelques courses…à pied…congé de vélo!

 

Mercredi 18 juillet (Blonay – Montreux)

Petite journée tranquille, mais un peu moins aujourd’hui.

En fin d’avant-midi, je décide de descendre jusqu’à Vevey au bord du lac. Je me dis que je devrais reconnaître le magasin de sport de Fabienne et François rencontrés aussi en 2009. Ce sont des amis d’André. Je n’ai pas leurs coordonnées, mais je devrais trouver.

Je pars en vélo. Si j’ai donné un coup de pédale pour m’y rendre c’est déjà beau, c’est de la descente tout le long. Je me dis que je devrai remonter tout ça après. Je reconnais le magasin et je rencontre François. Il me reconnaît. Il n’est pas trop surpris, André lui avait dit que j’étais dans le coin. Il sortait manger, je l’accompagne et il m’invite après à la maison. Il y a une piscine, il fait chaud, ce sera bon. Avant de m’y rendre, je décide de faire un petit tour par Montreux en longeant le lac. Quand je parle du lac, c’est toujours ce magnifique lac Léman avec ces majestueuses montagnes que l’on voit de l’autre côté: la France. Puis c’est la montée vers Blonay. Fabienne est là aussi. Je souperai avec eux. Cette belle maison, ce bon repas, ce confort commence à me donner le goût de rentrer à la maison. Oui, je crois que je suis arrivée près de la fin de mon voyage. Retrouver Richard, les garçons, leur « blonde » comme on dit au Québec, ma soeur Zan, ma famille, mon chez moi. J’appelle à la maison, Richard me dit qu’il ira faire des travaux chez Sébastien cette semaine pour préparer la chambre de la petite frimousse qui se pointera le nez en octobre. Je serai grand-maman. Oui, je rentrerai bientôt. C’est à peu près ce que j’avais prévu, 3 mois. Tout est bien qui finit bien. J’avais le goût de vivre cette aventure, je suis vraiment heureuse de l’avoir vécue et maintenant je serai contente de rentrer.

 

Jeudi 19 juillet (Blonay)

Petite journée tranquille aujourd’hui…

J’ai déjà visité les environs en 2009. Je ne sens pas le besoin de visiter à nouveau. Dans l’après-midi, je descends à la gare pour prendre des infos pour les trains vers Narbonne ou Agde du moins dans cette région. J’aimerais terminer mon voyage en longeant le canal du midi de la Méditerranée jusqu’à Toulouse. Dans cette ville, de bons amis de nos amis de Val-David m’accueilleraient. Je prendrais l’avion vers Montréal à partir de là.

Fabienne et François m’ont invité à souper encore ce coir. Je suis gâtée…

Vendredi 20 juillet (Blonay)

André est arrivé tard hier soir. Je l’invite côté studio pour le petit-déjeuner puis il part pour des courses. Moi, je m’informe de la disponibilité des vols pour un retour en début août. J’avais acheté un billet ouvert, je dois donc réserver pour le retour. Fabienne s’arrête, elle  veut faire un tour de vélo et me demande si je veux l’accompagner. Pourquoi pas. Allez hop! je me change rapidement, mets mon vélo dans sa voiture, nous partirons de Châtel-St-Denis. Nous ferons un joli parcours jusqu’à presque la ville de Bulle. Elle roule bien Fabienne.

Dans la soirée, je reçois un courriel de Francis qui me propose d’arrêter chez lui à Bernin avant de descendre plus au sud. Pourquoi pas, c’est sur mon trajet de train. Je pourrai lui dire un petit bonjour en personne, mais aussi récupérer quelques trucs que j’y ai laissés à mon arrivée en Europe. J’avais beaucoup trop de choses. Je me suis défait d’une partie de mes bagages à quelques reprises, entre autres à mes amis québécois qui revenaient à Montréal après le camp de vélo en Italie.

Au souper André me parle de ce sentiment d’étouffement qu’il ressent dans cette Europe de plus en plus surpeuplée. Mais aussi de cette nature sans cesse empiètée ici par toutes ces constructions nécessaires à loger tous ces gens.

Samedi 21 juillet  (Blonay – Les Diablerets)

Il y a le marché ce matin à Vevey au bord du lac. André me propose d’y aller faire un tour. Il y a aussi le marché folklorique. Ce sont des vignerons qui te proposent de goûter à leur vin. Tu achètes un verre vide avec un joli dessin qui change chaque année et chacun des vignerons peut te servir une petite rasade. Il y a une belle ambiance. Nous mangerons le midi avec Patricia et Michel, des amis d’André.

Dans l’après-midi nous allons rejoindre Fabienne et François à leur chalet aux Diablerets. C’est la fête des Diables cette fin de semaine. Un évènement annuel, mais cette année c’est sous le thème…du Canada !! C’est drôle, j’y arrive, il y a des drapeaux du Canada partout, un concours de bûcherons, des chemises à carreaux, de la musique country, j’entends même à un moment donné une chanson de La Bolduc. Pour souper nous mangerons entre autres de la poutine, pas tout à fait la même, pas aussi bonne, mais c’est un bel effort et des queues de castor, tout ça accompagné d’une bière d’un brasseur du Québec: la « Maudite » !! J’y rencontre aussi la maman de François, 91 ans, encore sur ses skis l’hiver, toute pimpante et vive…impressionnante.

Dimanche 22 juillet

Journée tranquille, je prépare mes choses car je pars demain. Je lave Vai-Vai qui en avait bien besoin. Disons que son orgueil en a pris un coup pendant ce voyage. Un petit ajustement de vitesse, un peu d’huile et le voilà prêt à repartir vers le canal du midi ma prochaine destination avec avant un court arrêt à Bernin près de Grenoble.

 

 

 

 

 

Du samedi 14 au lundi 16 juillet

Samedi 14 juillet (Brugg – Solothurn)

Au petit-déjeuner je continue à discuter avec Bob. Je lui demande s’il ira se balader ailleurs pendant son séjour: « pas très loin » qu’il me répond « c’est tout un peu pareil ». Je comprends un peu ce qu’il veut dire. Déjà, je suis moins portée à m’arrêter longuement dans les villes ou villages que je croise. Ce sont souvent toujours de beaux endroits parce que le long d’un fleuve, d’une rivière, une place centrale, un château là, une forteresse là ,des rues étroites, alors un endroit en vaut parfois un autre et comme je ne suis pas très « musée »… Il faut dire qu’à vélo tu restes longtemps dans la même région ou dans le même genre de région  donc les changements de style, de nature sont plus longs à venir . Ce n’est pas comme en voiture ou en moto. C’est bien aussi de s’installer quelques jours au même endroit comme j’ai fait au lac de Constance. Je crois que je commence à sentir l’appel de la maison…C’est peut-être ça…

Aujourd’hui, je traverse de belles campagnes. Je vois beaucoup de sentiers de marche bien balisés. Si les Suisses sont reconnus comme étant des skieurs, ce sont aussi des marcheurs. Il y en a beaucoup aujourd’hui, certains avec des bâtons de « marche nordique ». C’est vrai… nous sommes samedi, c’est pour ça que j’en vois tant. J’ai complètement perdu la notion des jours. Depuis que je suis en Suisse, j’ai vu à plusieurs endroits des places de repos avec des bancs et toujours un espace pour faire un feu: pour les marcheurs surtout, car je ne vois pas beaucoup de cyclistes dans la région que je traverse. Je longe par endroits le fleuve  Aare, tout propre, toujours avec cette teinte un peu turquoise des fleuves d’ici. Les gens s’y baignent.

Zut!! mon odomètre a perdu le kilométrage !! Ça fait 3-4 fois qu’il me fait ça!! Ne comprends pas. Je roule depuis une demi-journée, je regarde le cadran: 5.4km. Il s’est remis à zéro tout seul, mais ce n’est pas si grave, je sais quand même à peu près combien j’ai fait. En parlant d’odomètre, j’ai du m’en acheter un nouveau pendant mon voyage…par ma faute. J’ai bousillé le premier. Ma batterie étant morte, je l’ai remplacée. Il faut après remettre les paramètres qui ont été perdus: heure, diamètre de la roue, etc. Je suis allée sur internet, j’ai lu comment on faisait: « peser sur le petit bouton à l’arrière à l’aide d’un minitournevis ». Je n’ai pas de minitournevis, j’utilise donc  la pointe de mon Opinel: pas une bonne idée… trop pointue, trop coupante, le bouton reste coinçé au fond…impossible de le faire remonter…pas une bonne idée. C’est comme la tente sous les pommiers.

J’arrive à Solothurn fin d’après-midi. Je m’y attarde un peu. Des gens sur les terrasses au bord  de l’eau, beaucoup de jeunes. C’est vrai…nous sommes samedi. Un cycliste rencontré aujourd’hui m’a dit qu’il y avait un beau camping à cet endroit. Je m’y dirige. C’est simple le camping, pas besoin de réserver toujours une place. Ma tente est tellement mini.

15 juillet (Solothurn – Avenches)

Bizarre de journée: il pleut, puis le soleil apparaît, puis encore de la pluie et encore du soleil. Le vent souffle fort.

Je suis contente d’arriver à Avenches. Ancienne ville romaine ayant encore son amphithéâtre: impressionnant pour une si petite ville. Hier soir on y présentait un opéra et ainsi tout au cours de l’été. L’endroit est aussi reconnu pour l’équitation. Des chevaux de grandes races y sont élevés. Je trouve l’auberge de jeunesse, à la réception je me fais servir en français par une dame très gentille, encore plus gentille quand elle s’aperçoit que je suis du Québec. Je ne sais trop, mais c’est comme ça presque à chaque fois. Depuis que je suis partie, les seuls québécois que j’ai rencontrés étaient Christiane et Marcel à Dobbiaco. Il y a rarement des Canadiens. Je réalise que ça fait longtemps que je n’ai pas dit que j’étais québécoise. Je dis Canadienne ou « french canadian ».  Ils ont un bel accent aussi ces Suisses français.

À l’auberge, un groupe de jeunes suisses allemands, ils y sont pour la semaine. Ils auront des cours de français. Au souper, je suis assise avec leur professeur, une française qui vit depuis 20 ans à Zurich, Sandrine. Elle me parle des gens de ces trois régions de la Suisse, très différents, autant par leur langue que par leur culture: les Romans (français), les Tessinois (italien) et les Alémaniques (allemand).

Lundi 16 juillet (Avenches – Blonay, Lac Léman)

Ce matin, je suis passée faire un tour dans la classe de français de Sandrine. J’ai dit un petit mot aux enfants sur mon voyage et sur le fait qu’au Canada on y parlait aussi le français. Avant de partir, je discute avec la dame qui s’occupe de l’auberge de jeunesse avec son mari. Je crois que c’est quelque chose que j’aurais aimé. Ils travaillent fort 6 mois par année puis ont congé les 6 autres mois.

Je ne rencontre plus de cyclotouristes sur ces circuits de vélo de la Suisse. Hier, dimanche, des gens à vélo sur les pistes le long des lacs, mais que des promeneurs du dimanche. Il faut dire que la Suisse est tellement chère que les gens des autres pays européens ne la choisissent pas beaucoup comme destination vacance.

Aujourd’hui, je quitterai le circuit de vélo plus important où je roule pour aller en rejoindre un autre qui m’amènera plus directement à Blonay vers où je me dirige. C’est un parcours plus côteux. À un moment donné, je monte, je monte, c’est difficile: « que je suis donc nulle!! ». Est-ce que parce que ça fait si longtemps que je roule sur le plat que j’ai perdu tous mes muscles pour la montée ?? Finalement pas tout à fait…sur le plat, je change si peu souvent de plateau à l’avant que j’en ai perdu l’habitude. Je n’avais pas réalisé que depuis ma dernière descente j’étais encore sur le gros plateau.

J’arrive à Châtel St-Denis. Je sais que je n’ai qu’une dizaine de kilomètres à faire. Je décide de laisser le laisser le circuit de vélo et d’emprunter la route principale. C’est souvent plus long par les circuits de vélo parce qu’ils nous font passer par de routes plus tranquilles, plus jolies, mais moins directes. Mais là j’ai hâte d’arriver. Ça va, pas trop de voitures.

J’arrive à Blonay…ouf…cette dernière montée jusque chez André. Heureusement en arrivant par Châtel-St-Denis je n’arrive pas complètement en bas de la montée vers chez lui. J’ai connu André lors de notre échange de maison en 2009. Il m’a averti qu’il ne serait pas là à mon arrivée, mais qu’il me laisserait les clefs du petit studio attenant à sa maison. Il arrivera dans quelques jours. J’aurai le temps de me reposer, de faire ma lessive, d’écrire un peu…Merci André!! Il y a de la bière dans le petit frigo. J’ose m’en servir une. Il fait chaud…elle est bonne. La vue est toujours aussi magnifique. Tout en bas Vevey et le lac Léman et de l’autre côté les montagnes. Qu’on ne voit pas, vers la droite il y a Lausanne et vers la gauche, Montreux.

18h30!! Je viens de me rappeler que les commerces ferment à 19h. Je regarde le village 2 km plus bas. Si je veux manger,  je dois descendre là tout en bas. Je pourrais aussi manger mes fruits séchés et les noix qu’il me reste…Finalement, je prends mon courage à deux mains et je reprends mon vélo allégé de ses bagages.  Quelques achats à l’épicerie et j’entreprends la remontée. Je suis un peu perdue avec toutes ces petites rues. Je remets mon GPS. Il me dirige par la rue « Des Toilettes ». Elle doit bien avoir 40% de pente!! j’exagère, disons par bout 18-20%, mais fatiguée et à cette heure elle me parait bien pentue. Ah bravo Garmin!! cette rue aboutie à un escalier. Une autre affiche, j’avais mal lu, c’est la rue « Des Tollettes ». Je dirais que son premier nom lui allait mieux parce cette rue, avec cette pente, elle fait…non je ne le dirai pas, je vais juste le penser.

 

 

Vendredi 13 juillet

Je fais du camping, mais je ne suis pas équipée pour me faire un bon café le matin. Souvent je peux en acheter à la réception, mais pas ici. Les Français de Lyon m’en offrent un… gâtée, toujours. Ils ont fait beaucoup de cyclotourisme et me suggèrent différents endroits en France qui pourraient être intéressants. Je quitte toujours plus tard que je voudrais, mais ces échanges avec ces gens sont toujours enrichissants.

À Koplenz, je quitte le circuit du Rhin pour prendre le circuit qui me fera traverser la Suisse jusqu’au lac Léman: le circuit #8 puis le #5. C’est vraiment bien indiqué. Je n’ai qu’une carte des circuits de vélo de toute la Suisse (1:300,000) et ça me suffit. J’arrive à suivre sans me perdre. Bon, parfois je rate une affiche, mais je crois bien que c’est parce que je dors sur mon vélo. Non, je rigole, mais je suis parfois tellement dans ma bulle… oups… un cycliste me dépasse et c’est comme si je me réveillais, je roulais à 16-18km. Mémère…

À Brugg, je perds pas mal de temps à trouver un commerce pour acheter une nouvelle carte sim pour mon téléphone, mais problème… ça ne fonctionne pas…tant pis…Il est maintenant fin d’après-midi, je ne vais pas plus loin, je me dirige vers l’auberge de jeunesse. Il reste de la place, mais que dans un dortoir mixte… hum … j’ai aussi identifié un B & B pas trop cher. La jeune fille de l’auberge téléphone pour moi… pas de place… elle m’en propose un autre 90 francs!! (100 $) Pas question! Allez hop! dortoir mixte!! Elle me dit que seulement une autre personne a déjà réservé. Je m’installe; aucun des 9 autres lits n’est encore occupé. Mon cochambreur arrive un peu plus tard. Bob, un écossais qui a vécu 30 ans en Suisse et qui vit maintenant en Chine. Il a 72 ans. Il est dans la région pour 7 semaines. Ses filles y habitent. Il dort parfois chez elle et parfois ici. Super sympa, il fait du vélo depuis toujours et il en fait encore. Mince, le pas alerte, il ne fait pas son âge.  J’ai oublié de prendre une photo. J’aime bien avoir un souvenir des gens que je rencontre.

Jeudi 12 juillet (Stein am Rhein – Schaffausen – Hohentengen)

Aujourd’hui, je suis passée de la Suisse à l’Allemagne, de L’Allemagne à la Suisse, de la Suisse à l’Allemagne. Ce n’est que le Rhin qui sépare les 2 pays et un circuit de vélo longe chacun des deux côtés. Il a plu quelques fois, mais je suis bien protégée. Je me suis même acheté dernièrement un couvre-casque rouge « pétant ». Vai-Vai est content je suis dans ses couleurs.

À Shaffausen, tout le monde me dit que je dois aller voir les Rheinfall. De belles chutes qui ont été créées sur le Rhin il y a longtemps suite à un glissement de terrain. L’endroit est très touristique, beaucoup de voitures, mais l’arrivée en vélo se fait merveilleusement bien et se poursuit jusqu’au niveau le plus bas de la rivière. Je dois dire qu’après avoir vu les chutes Niagara, les Rheinfall…elles sont mignonnes, je dirais.

J’ai choisi d’aller dormir côté Allemagne à Hohentengen: parce j’y ai vu un camping sur la carte, mais aussi, le temps étant incertain, pluie, pas pluie, je me suis dit que si le temps se gâtait je me trouverais un endroit pour dormir beaucoup moins cher de ce côté de la frontière.

Au camping c’est très international côté tentes. Des Français de Bordeaux, d’autres de Lyon, des Espagnols de Barcelone et …une Québécoise. Je sympathise avec Martine et Jacques: liens toujours faciles avec nos cousins. C’est bon de parler français. Ça fait longtemps. À part les Québécois rencontrés à Dobbiaco, je n’en ai rencontré aucun ni aucun Canadien alors quand j’arrive il y a toujours une réaction: du Canada !!! Souvent un intérêt, une curiosité, des questions. Il faut dire que je n’ai pas fait les endroits souvent visités par les Canadiens

Les Espagnols m’impressionnent, 2 couples avec chacun 2 jeunes enfants, en vélo !! Le plus jeune a 11 mois. Ils ont des vélos Hase. C’est une marque allemande. Je n’ai jamais vu ça. Ce sont des tandems dont la place avant peut se transformer. Le pédalier peut s’ajuster pour différentes grandeurs de personne, mais aussi faire une place assise donc idéal pour un jeune  enfant qui peut aussi pédaler. Ils sont partis pour 2 mois: vélo, camping. Oui…ils m’impressionnent.

Comme la plupart des campings que j’ai faits, il y de petites roulottes qui y sont installées en permanence avec de minuscules terrains tout bien aménagés: des terrasses en bois, du gazon, des haies, des nains de jardin.

Mercredi 11 juillet (Allemagne – Suisse)

C’est la première fois que je me réveille en entendant la pluie sur ma tente. Je pars ce matin. Heureusement elle cesse rapidement. Je prépare mes sacoches, il ne me reste que ma tente… Non ! pas vrai !  la pluie qui recommence!. Piéter, qui me voit m’activer, vient me donner un coup de main. Je n’ai jamais défait ma tente aussi vite. Claire qui tient le camping nous avait avertis. Le temps change très rapidement autour de ce grand lac. Le plus grand d’Allemagne. Un orage peut se lever en quelques minutes.

Je pars pour prendre le ferry Meerburg-Konstanz qui m’amènera de l’autre côté du lac. Je m’attarde en passant à travers Konstanz. Comme beaucoup d’autres villes que j’ai traversées il y a cette très grande zone piétonnière qui couvre une bonne partie de la vieille ville: toujours très vivante, des terrasses, beaucoup de monde et pas seulement des touristes. Une quantité impressionnante de vélos sont stationnés à ses abords, car ils n’ont pas le droit d’y circuler.

Je me repose sur un banc, un homme s’approche, il regarde Vai-Vai attentivement, il tourne autour,  il me dit que c’est un très beau vélo, il semble s’y connaître. Il me dit qu’il a fait la Norvège pendant 2 mois à vélo il y a 1 an. Il parle lentement, il cherche ses mots. Il est un peu étrange.  Mais après je comprends… il m’explique qu’il a été opéré il y a 2 mois pour une tumeur au cerveau, il vient les yeux pleins d’eau. Pauvre homme, quelle tristesse. Il est à peine plus âgé que moi. Il est au centre de réhabilitation que je vois juste à côté. Il m’envie d’être sur mon vélo.

Je traverse le pont, je suis maintenant…en Suisse!! Comme Nord-Américaine qui n’a qu’un pays comme voisin, je trouve fantastique de changer ainsi de pays, de culture en si peu de temps.  La différence n’est pas nécessairement visible tout près de la frontière. Les maisons se ressemblent, les Suisses près de l’Allemagne parlent allemand, les Italiens près de l’Autriche parlent souvent  allemand,  les Hongrois près de l’Autriche aussi.

Je longe donc maintenant le Rhin vers l’ouest. Je traverse de magnifiques champs de tournesol. Je longe des champs de pommiers, tiens un petit kiosque avec une glacière remplie de grosses bouteilles et des verres. C’est écrit « Applesaft » , je me demande si c’est du jus ou du cidre. Je sors mon dictionnaire: jus de pomme. Personne autour, juste une petite caisse dans laquelle tu déposes ton 1 franc…rafraîchissant ce jus. Sur mon parcours, je m’arrête à Stein am Rhein. Il est 3 heures, des groupes arrivent aussi à vélo. C’est un arrêt obligatoire. Sur la place centrale, presque toutes les maisons ont de grandes fresques peinturées sur leurs murs. La plus ancienne date du 16ie siècle.

Je décide d’arrêter au camping juste après. Il y a toujours de la place pour une petite tente. Contrairement au Québec où chacun doit avoir son terrain, ici, pour les tentes, c’est souvent un grand terrain sans numéro où chacun s’installe comme il veut. Il y a presque toujours beaucoup plus de « camping car » que de tentes. Ah, j’oubliais… pas de table à pique-nique, mais la plupart du temps un endroit où on peut aller s’asseoir à l’abri quelque part dans le camping et souvent un restaurant aussi.

On m’avait dit que la Suisse était chère. C’est vrai!! Je crois bien que la bouffe coûte le double,  autant à l’épicerie que dans les restaurants. Nous ne sommes plus en euros, mais bien en francs suisses.

7 au 10 juillet (Lac de Constance – auberge et camping)

Samedi, 7 juillet et Dimanche 8 juillet

9h30, je quitte l’auberge de jeunesse de Uberlingen. Je ne veux pas aller très loin aujourd’hui. Après 4 km, je passe devant une très belle auberge avec un magnifique jardin, des chaises longues. Seulement la piste cyclable la sépare d’une petite plage sur le lac de Constance, un endroit paisible, attirant. Il me tente cet endroit. Je m’arrête, demande le prix, il reste une place pour ce soir… vraiment hors budget pour moi. Je continue mon chemin. Un peu plus loin je m’arrête pour visiter ce site reconstitué où a été trouvé ce village de maisons sur pilotis remontant à l’âge de pierre et de bronze (4000-850 av. JC.) puis court arrêt à Meerburg où je prends des infos pour le ferry qui m’amènera à Konstanz de l’autre côté du lac.

Elle me trotte toujours dans la tête cette auberge… La femme qui m’a répondu aussi, si sympathique. Allez!! Je reviens sur mes pas et j’y retourne. Ce sera mon cadeau de voyage, 2 jours sur le bord du lac de Constance dans un magnifique endroit.

Suzanne ma soeur m’a préparé mon site sur lequel je veux déposer ce que j’ai écrit jusqu’à maintenant. Sinon, je ne donne pas beaucoup de nouvelles depuis que je suis partie. J’appelle Richard de temps en temps, mais pas beaucoup de courriels. Je profiterai donc de ces 2 jours pour nourrir mon nouveau blogue. En partant d’ici j’aimerais envoyer le lien à ma famille, à mes amis.

Cette femme que j’ai rencontrée, c’est Claudia. Cette auberge était tenue par ses parents, mais maintenant c’est son frère et elle qui s’en occupent. Ses parents y sont quand même toujours, mais aussi sa tante, Ella, si gentille aussi. Claudia a vécu pendant plus de 20 ans à New York. Elle y a toujours un appartement. Nous discutons, elle me raconte sa profession dans le milieu de la mode là-bas. J’aimerais bien la revoir quand elle sera en Amérique. J’ai toute de suite aimé cette personne, dès la première rencontre.

Lundi 9 juillet

Je déménage mes pénates à 300 mètres de l’auberge… dans un camping juste à côté. Je ne l’avais pas remarqué la première journée. C’est juste le lendemain que je l’ai vu, presque caché par d’énormes portes toujours verrouillées. Qui s’occupe de ce camping ?? Claire une fille de Montréal !!! J’ai installé ma tente à 3 mètres du lac. Il fait chaud, il fait beau, je plonge dans le lac, je reviens écrire un peu, j’y suis merveilleusement bien. Ces quelques jours de repos sans visiter, sans me demander non plus où sera ma prochaine destination me plaisent beaucoup. Souvent dans mon voyage, je changeais de place tous les jours. C’est bien de s’arrêter un peu. Mon trajet pour les prochains jours est aussi pas mal décidé, je n’ai donc pas à y penser non plus. Mon coin de travail: mon matelas de sol appuyé sur un arbre au bord de l’eau. Honnêtement, je peux dire que pour une fraction du prix, j’y suis aussi bien qu’à l’auberge. Mais… il fait beau… ce qui n’était pas le cas à ma première nuit en hôtel: pluie et vent.

En fin d’après-midi arrive un père avec son fils à vélo. Il installe sa tente juste à côté. Je le comprends, c’est le plus bel endroit du camping. Nous discutons un peu il me propose de les accompagnés, ils vont souper tout près d’ici sur une ferme qui fait aussi restaurant avec les produits de leur ferme. Pourquoi pas? Nous arrivons juste avant la fermeture de leur magasin. Ils y vendent des légumes, des oeufs, mais aussi de l’alcool qu’ils fabriquent eux-mêmes à partir de différents fruits: poire, cerise, pomme. Au restaurant les gens se servent eux-mêmes leur carafon de cidre ou de vin, rouge ou blanc, à partir de distributeurs automatiques comme l’on verrait pour des boissons gazeuses. Ce fut un très agréable repas avec Andrea, le papa, et Lucca, son fils. Ils sont allemands. Un peu plus tard dans la soirée je rencontrerai aussi le couple dans le campeur juste à côté. Ils sont hollandais: Lies et Peter. Il m’offre un verre de vin et nous passons le reste de la soirée ensemble. Je suis chanceuse de rencontrer tous ces gens si sympathiques. C’est ce que j’aime du camping. Les rencontres sont faciles, simples.

Mardi 10 juillet

Je sors de ma tente, mon intention est d’aller à la boulangerie tout près acheter des trucs pour mon déjeuner. Je vois Andrea, il en arrive et a déjà acheté des pains pour eux, mais aussi pour moi. Je suis gâtée. Plus tard, Lies et Pieter m’offrent un café et me donne même un sandwich pour le midi. Eux partent en vélo pour une balade. J’avais pensé les accompagner, mais je veux terminer d’écrire. J’aimerais donner l’adresse de mon site bientôt. Le soir ils m’invitent à souper. Je suis gâtée. Un peu avant j’ai discuté avec Claire, cette québécoise qui tient le camping. Elle est en Allemagne depuis 20 ans. Attirée au début par l’aventure elle y est restée.

 

 

Vendredi 6 juillet (Riedlingen – Uberlingen (lac de Constance))

Je quitte Riedlingen sous un ciel gris. Hier, toujours dans le but de ne pas traîner de poids inutile, je me suis défait de mes réchauffe-genoux. Ces trucs que tu enfiles sur tes genoux qui vont des mollets jusqu’au cuissard. Ça faisait 2 semaines que je ne les avais pas mis. Ce matin je le regrette un peu. Je les aurais bien portés, mais j’ai quand même mes pantalons de pluie que je pourrais enfiler à la rigueur. Justement ça ne fait pas 1 heure que je suis partie qu’une pluie fine commence à tomber. Je dois dire que si j’étais à la maison, je ne sortirais pas faire du vélo sous la pluie, mais dans un contexte tout différent de moyen de transport ça ne me dérange pas vraiment. Je trouve même que bien protégé c’est plus facile que sous un gros soleil à 36 C.

Au début la piste est belle, asphaltée puis une piste en petit gravier qui longe la rivière. C’est plutôt ennuyeux ces pistes dans le bois. Une petite portion par jour ça va, mais c’est souvent trop. C’est le défaut de ces parcours le long des fleuves. En passant dans une petite ville, je vois un bureau de touriste. J’aimerais avoir une carte pour un bout du trajet que je veux faire aujourd’hui. La dame ne parle ni anglais, ni français, mais je réussis quand même à me faire comprendre. Elle me propose un autre trajet plus court que celui que je veux faire. Pourquoi pas? C’est un autre circuit cycliste moins fréquenté. Je comprends pourquoi…le trajet est vallonneux, rien de si difficile, mais ça fait un mois que je roule sur le plat. Mes mollets avaient oublié cet effort, mais moi par contre j’avais oublié le plaisir des descentes. Je suis beaucoup plus à l’aise qu’au début avec ce poids sur mon vélo. J’ai environ 15 kilos à l’arrière, plus ma sacoche entre les deux poignées. Le trajet est plus court, mais j’ai sûrement pris aussi longtemps que si j’avais suivi le circuit de l’Eurovelo qui était plus long. Je suis souvent arrêtée pour regarder ma carte, je demande mon chemin quelquefois, c’est plus long.

J’arrive à Uberlingen sur le lac de Constance. Les Allemands l’appellent plutôt le lac Bodense. À l’auberge de jeunesse beaucoup d’enfants, 11-12 ans. Il y en a souvent, des classes, des camps de vacances peut-être. Ce n’est plus la clientèle de voyageur du début de mon voyage.

Je vais me balader un peu dans la petite ville. Une belle promenade longe le lac. Un peu plus loin des gens sont à prendre un verre de vin sur un terrain gazonné. Ils sont à l’entracte de la pièce du théâtre d’été qui s’y joue: Tartuffe de Molière… en allemand.

 

 

 

Jeudi 5 juillet (Stuttgart – Riedlingen) à venir

Lundi 2 juillet au mercredi 4 juillet (Stuttgart) à venir

Dimanche 1er juillet (Passau – Stuttgart) à venir

Samedi 30 juin – Passau

Passau, mon arrivée en Allemagne; je suis en Bavière. Elle me plaît cette ville au confluent de trois fleuves : le Danube, l’Inn et l’Ilz. On a le goût d’y rester. Une grandeur parfaite pour arriver à vélo et juste assez grande pour être vivante. Beaucoup de gens partent d’ici à vélo direction Vienne la plupart du temps. Certains arrivent par le fleuve aussi sur de petits bateaux de croisière. Beaucoup de gens dans les rues, sur les terrasses, de belles boutiques. C’est une ville universitaire, 10,000 étudiants pour 50,000 habitants.

Je me suis trouvé une petite chambre vraiment mini dans un hôtel plutôt spécial. Sur la largeur, je ne peux même pas m’étendre les bras. Je dirais 1 x 4 mètres. C’est fait comme une cabine de bateau. Ma fenêtre ouverte donne sur le Danube. Quand un yacht y passe, j’entends les vagues sur le rivage.

Je suis arrivée vers la fin de l’avant-midi. Cet après-midi, réservation de mon billet de train vers Stuttgart. Oui, j’ai décidé de couper un peu mon trajet le long du Danube aussi j’y rencontrerai Maryse et Jean-Paul, elle Suisse, lui Allemand rencontrés en Suisse il y a 3 ans. Ils sont passés à la maison l’été dernier. J’ai aussi recherché des cartes pour mon prochain parcours vélo. Je veux aller vers Ulm puis Lindau (Allemagne). Je n’ai pas trouvé ce que je voulais.

Je vois une petite famille passer à vélo: le père, la mère et 3 filles. Je dirais 8, 10 et 12 ans. Ils ont l’équipement de camping. La petite avec son matelas roulé sur son porte-bagage, les 2 autres ont les grosses sacoches et tout. C’est possible ici avec tous ces circuits de vélo toujours sécuritaires, plats, bien balisés. J’aurais bien aimé le faire avec mes 3 fils, mais au Québec: plutôt difficile.

8h: je termine mon souper. Je me dis que je n’ai pas encore tout vu de cette ville. Je décide de retourner à l’hôtel pour prendre mon vélo. Je me balade à travers les rues. C’est la fête ce soir peut-être parce que c’est samedi. Je vois 3 orchestres « live » . Beaucoup de monde dehors. C’est vivant, c’est joyeux.

Vendredi 29 juin (près Linz – près Passau)

11h: Je quitte le camping un peu tard, mais je voulais prendre des infos sur les trains, sur les circuits cyclables et autres choses. C’est vraiment bien, sur mon téléphone j’ai une carte sim d’Autriche avec internet illimité: 25 euros pour 1 mois. Je peux connecter mon petit laptop par mon cellulaire… génial. En plein milieu de nulle part j’ai internet.

Je croise une petite ville, je m’arrête à l’épicerie. Au comptoir des charcuteries fromage, il est toujours possible d’y acheter un sandwich. Il y a tellement de cyclistes qui arrêtent pour ça. La dame avant moi commande un sandwich avec à l’intérieur une tranche de viande coupée dans une pièce carrée gardée au chaud. Pourquoi pas… ça goûte la saucisse…très bon.

Beau trajet aujourd’hui. Cette partie du Danube est tout en méandres. Le vent ne peut y souffler et le paysage est beaucoup plus varié. Les montagnes sont proches je roule donc presque toujours à l’ombre: merveilleux il fait si chaud aujourd’hui.

Je m’arrête dans un « Gastehaus » (guest house) à une vingtaine de kilomètres de Passau. Je voulais être près de cette ville pour avoir le temps de la visiter, mais aussi pour réserver mes billets de train, obtenir une nouvelle carte sim car je changerai de pays et faire quelques achats.

 

Jeudi 28 juin (Grein – près Linz)

Que j’ai bien dormi !! Petit matelas qui m’arrive au mollet, pas trop épais et une mini-tente mais que j’ai bien dormi. Je déjeune au joli village de Grein de grosses brioches à la boulangerie-pâtisserie.

Je quitte, toujours heureuse le matin d’être sur mon vélo. Le Danube dans cette portion est plutôt droit, le vent s’y engouffre bien, parfois monotone comme parcours: longue bande surélevée le long du fleuve, pas de village. Je décide qu’à Passau je ferai un bout en train pour plutôt prendre le circuit qui descend vers le sud à partir d’Ulm.

Sur mon trajet la ville de Enn qui est supposée être une belle ville très ancienne. Je sors du circuit pour m’y arrêter. Et là un peu en avant ce gars avec son vélo pliable que je croise depuis trois jours !! Chanceuse de l’avoir rencontré à nouveau. Il connaît très bien la région où je veux me diriger autour du lac près de Constance. Il me donne beaucoup d’informations, les endroits où je devrais aller et tout… chanceuse encore une fois. Moi qui ne suis jamais certaine de mes choix, me voilà confirmée dans ma décision. Il arrive de Enn et me dit que l’arrêt n’en vaut pas la peine. Je reviens donc sur la piste pour continuer ma route. Je sais maintenant son nom: merci Ulrich !!

À différents endroits de petits traversiers pour les cyclistes qui permettent de changer de rive. Il y a une piste des deux côtés. Je suis toujours aussi étonnée par l’organisation de ces circuits cyclables. Quels avantages pour ces campagnes revitalisées par tous ces cyclistes-touristes qui dorment dans les auberges, mangent dans les restos, s’arrêtent dans les cafés. Je pense à la piste autour du lac St-Jean au Québec. Il devrait y en avoir beaucoup plus un peu partout chez nous qui nous permettraient d’aller d’une région à une autre puis revenir en train…mais ça, c’est pas pour demain, mais je suis certaine que ce serait populaire.

Je décide d’arrêter dans un camping que j’ai vu sur la carte un peu dépassé Linz. J’y arrive. C’est ici ?? Il y a un restaurant et en face un joli terrain tout gazonné avec des pommiers et un grand champ cultivé qui le longe. Aucune tente ou campeur. Je m’informe au resto, oui c’est ici, 5 euros pour la nuit. Il y a des toilettes, des douches, en fait une douche… parfait. Dans la soirée, je rencontre les proprios plutôt jeunes. Le camping était à leurs grand-parents. C’est maintenant eux qui s’en occupent en plus de leur travail. Ils sont sympathiques, on discute pendant une bonne heure. Ils me disent qu’hier soir ils y avaient au moins 16 cyclistes ici, mais aujourd’hui…que moi. Ce sont surtout des Hollandais, parfois des Français, mais très rarement des Allemands qui y viennent. Ça m’étonne, car ce sont surtout des Allemands que je rencontre. Oui, mais la plupart ne campent pas qu’ils me disent. Plus tard, j’essaie de m’endormir, mais je sursaute…j’entends… tac tac…un bruit sur ma tente. Le coeur m’arrête, je n’ai pas encore recommencé à respirer et encore…tac tac…Mais qu’est-ce que c’est ?? Je suis quand même seule ici même si la maison des proprios est juste à côté. Je réalise…ce sont des pommettes qui tombent sur ma tente !! Ne jamais installer sa tente sous un pommier, pas une bonne idée… ;-)

Lundi 25 juin au mercredi 27 juin à venir

à venir

Dimanche 24 juin (Vienne – Budapest) à venir

à venir

Samedi 23 juin – Vienne

Ce matin il pleut, il pleut; à 10 h, je dois me rendre au rendez-vous pour la visite guidée à vélo de Vienne. Je suis la seule à avoir mon propre vélo. Vai-Vai impressionne toujours. Il a plu tout le long de la visite, mais pas grave ce fut vraiment bien. Horst était notre guide si sympathique, drôle et intéressant. Il travaillait pour une banque et a tout laissé: trop stressant. Il fait maintenant ce travail qu’il adore, ça parait. Il y avait aussi ce couple de Hollandais avec qui j’ai tout de suite sympathisé. Les gens que je rencontre sont toujours intéressés par mon aventure alors je raconte mon trajet, mes prochaines destinations. Ils posent des questions.

Dans l’après-midi, toujours en vélo, je me rends au palais de l’impératrice Sissi le « Schloss Schonbrunn ». Tous ces noms allemands, je n’arrive pas à mémoriser quoi que ce soit, impossible. Le guide nous avait raconté une partie de l’histoire de cette impératrice qui fut très célèbre en Autriche. À mon retour, je louerai ce film avec Romy Schneider sur sa vie.Un très beau film il parait.

Le soir, je décide de retourner au Straats Opera, toujours avec ces billets si peu chers. Il y a du ballet paraît-il, toujours avec un orchestre « live ». Malheureusement, j’arrive trop tard. Je ne savais pas que ce soir le spectacle était plus tôt. Je marche un peu et j’entends de la musique provenant de la rue de l’autre côté de l’édifice. Je m’y dirige…le ballet y est projeté sur un écran géant à l’extérieur! Des rangées de chaises y sont installées, déjà toutes remplies, mais je m’installe à l’arrière et j’y reste un peu.

Vienne la ville de la musique. Il parait, selon notre guide, que la vie y est très relaxe aussi. Les gens qui s’arrêtent pour un café n’y restent pas que 10 minutes, mais bien trois quarts d’heure une heure. Il y a des cafés, des terrasses partout.  Je reviens en tramway puis autobus. Il y en a partout. Très facile de se déplacer en transport en commun. Beaucoup de vélos aussi. Les feux de circulation sont très respectés par les piétons… pas le choix! Les autos roulent plutôt vite, les vélos aussi, les tramways passent à 30 cm du trottoir. Il vaut mieux ne pas être trop distrait.

Vendredi 22 juin (Vienne) à venir

Jeudi 21 juin (Graz-Vienne)

Je quitte Graz pour prendre le train direction Vienne. J’aime tellement mieux partir à vélo. Finalement, le trajet se fait très bien surtout que je n’ai pas de transfert. 3h: j’arrive à Vienne. Heureusement que j’ai mon GPS pour m’amener jusqu’à l’auberge de jeunesse où j’ai déjà réservé ma chambre.

Je m’informe au jeune qui est à la réception sur les spectacles de musique ou opéra où je pourrais aller dans cette ville de musique. Quelle chance j’ai de tomber sur ce gars. La semaine dernière pour la première fois il est allé à l’opéra dans les « standing place » 4  euros, pas de réservation nécessaire, seulement arriver au moins une heure avant le début. Parfait pour moi.  Je m’habille de mes plus beaux atours (pas si beaux, mais je fais avec ce que j’ai) et marche jusqu’à l’Opéra. Je suis impressionnée par tous ces bâtiments de la vieille ville, grandiose. Et me voilà, quelques heures après mon arrivée écoutant Elektra de Richard Strauss.

 

Mercredi 20 juin (Volkermart – Graz) à venir

à venir

Mardi 19 juin (Volkermart – Slovenie) à venir

à venir

Dimanche 17 juin (Muhlbach-Volkermart), samedi 18 juin ( Volkermart) à venir

à venir

Samedi 16 juin (Spittal Muhlbach) à venir

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Vendredi 15 juin (Dellach – Spittal) à venir

à venir

Jeudi 14 juin, Dobbiaco (Italie) – Dellach (Autriche) à venir

à venir

Mercredi 13 juin – Dobbiaco

Dernière journée à Dobbiaco. Ce matin je pars avec Marcel et Christiane pour une randonnée en montagne. Ce sont des marcheurs ces deux-là. Nous voulons aller voir « Le Tre Cime » (the 3 peaks). Il parait qu’il faut y aller. Nous prenons l’autobus qui nous amènera au départ du sentier. Nous sommes à 1250 mètres nous nous rendrons à environ 2500 mètres: 3 heures de montées, 2 heures de descente.

Nous sommes chanceux, déjà d’en bas nous voyons une petite partie des 3 sommets. Le temps s’est dégagé, mais ça ne veut rien dire, je commence à comprendre ce que peut être un climat de montagne: des changements subits sont toujours à prévoir. Effectivement une petite pluie commence puis arrête puis encore un peu de soleil. Je suis contente de faire cette randonnée, depuis quelques jours je n’ai pas vu les Dolomites même si je suis en plein milieu. Si le ciel est moindrement couvert, on ne les voit pas ces énormes montagnes. On ne voit que les petites au bas.

Ce sera une belle randonnée. Nous aurons tout eu: du soleil, de la pluie et au sommet de la grêle et de la neige. Ça en valait le coup. Juste après avoir mangé notre lunch tout en haut le ciel a commencé à se dégager et ce fut grand bleu peu de temps après. Magnifiques ces trois sommets.

Nous nous retrouvons tous pour souper: les 2 couples allemands et les 3 Québécois. Herman a acheté 3 bouteilles de vin pour écouter le match de soccer de ce soir: l’Allemagne contre la Hollande. C’est sympa cette soirée.

 

Lundi 11 juin et mardi 12 juin (Dobbiaco) à venir

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Dimanche 10 juin (Brunico-Dobbiaco) à venir

à venir

Samedi 9 juin (Bressadone – Brunico)….nouveau 2013/02/23

Hier soir, en me baladant à travers les jolies rues de Bressadone, j’avais repéré un magasin de vélo. Je me rends ce matin à l’ouverture, je veux me racheter un nouvel odomètre car j’ai bousillé celui que j’avais. Ben oui…c’est ma faute. Je vous raconterai un autre tantôt.

Je laisse donc mon vélo à la boutique, le mécano m’installera mon nouvel odomètre.

Je fais quelques boutiques, il y a de jolies choses, mais dans le fond je ne peux rien acheter: je ne veux pas rajouter de poids dans mes sacoches. Je succombe quand même pour un jolie maillot de vélo mais aussi une mini-clochette tyrolienne pour Vai-Vai. Je me dis que quand je dormirai dans un camping même si mon vélo est verrouillé si quelqu’un essayait de le prendre pendant la nuit j’entendrais la clochette…ouais je sais un peu ridicule, elle sonne pas très fort cette clochette mais de toute façon Vai-Vai est bien heureux de ce petit cadeau.

12h30, je quitte direction Brunico, tout heureuse d’avoir à nouveau un odomètre. Je poursuis ma route à travers la vallée traversant les Dolomites. Les cyclotouristes font ce trajet plutôt dans l’autre sens car la route descend, moi je fais l’inverse mais le dénivellé montant se fait plutôt facilement.

Le temps se couvre au fur et à mesure que j’avance. Il commence à pleuvoir un peu. Je suis très distraite aujourd’hui. Il faudrait que je fasse plus attention. À deux reprises j’ai pris des choses dans mes sacoches sans bien les refermer par la suite. L’élastique que j’installe d’habitude d’un côté à l’autre pend sur le côté. Il aurait pu se prendre dans mon dérailleur…oui pas mal distraite…dans ma bulle.

J’arrive finalement à Brunico à la fin de l’après-midi. Je n’ai rien réservé et le bureau de tourisme est fermé. Il fait froid, il pleut, je suis frigorifiée. Nous sommes à 850 m. peut-être une des raisons pourquoi la température est plus basse. Des parents terminent de remballer les installations d’une activité sportive organisée pour les enfants sur la place publique. Je leur demande une suggestion d’un endroit pour dormir pas trop cher. Il m’indique une petite auberge pas très loin, ce sera parfait. Une bonne douche pour me réchauffer, petite marche aux alentours et souper à l’auberge. Je soupe seule mais j’ai toujours mon petit carnet offert par mes amis, Marcel et Nicole, avant mon départ. C’est mon compagnon. J’y inscris mes impressions, ma journée, mes états d’âme.

 

Vendredi 8 juin – Bolzano – Bressadone

Le matin, conseillée par Paul et Sigi, je vais marcher sur les hauteurs de Bolzano. C’est joli et on voit toute la ville d’en haut. Il y a des sentiers partout ici. Je trouve les gens beaux, grands, athlétiques.

2 h: Je pars un peu tard pour ma prochaine destination, mais ce n’est pas trop loin, Bressadone, 45 km. Il pleut légèrement, mais je décide de partir quand même. C’est facile et tellement bien indiqué ces pistes cyclables. La vallée se rétrécit, les montagnes se rapprochent. Je vois par endroits l’autoroute qui passe tout en haut. Après 8 km la pluie qui s’intensifie. Je décide de sortir l’attirail lourd: manteau et pantalon goretex, couvre-chaussures et même des gants de vaisselle en caoutchouc jaune que j’enfile par-dessus mes gants de vélo. Je me sens un peu ridicule avec ces gants, mais je roule complètement au sec.

C’est beau, je longe la rivière parfois des bouts sur des routes tranquilles et ce parcours toujours bien indiqué. Je n’ai pas à me casser la tête pour les routes à prendre…je suis bien…dans ma bulle…en train de traverser les Dolomites les doigts dans le nez !! C’est étrange, je suis seule, mais en même temps je ne le suis pas. Je suis avec toutes mes pensées, je pense aux miens, à mes amis, aux gens rencontrés à ce que je vais écrire ce soir. Je croise des groupes parfois, eux aussi à vélo. Souvent des Allemands. Ça ne me dirait rien de partir ainsi avec 10-15 personnes. Là, j’arrête quand je veux, je mange quand je veux, je prends des photos quand je veux, oui je suis bien. J’ai croisé des gars qui voyagent seul, mais jamais de fille.

J’arrive à Bressadone 5 minutes avant la fermeture du bureau de tourisme. Je suis chanceuse… je n’avais rien réservé. La fille me propose une « pensione » tout près, pas cher. C’est parfait. La chambre est vraiment jolie avec un petit balcon fleuri. Je sors souper. C’est tellement beau ces petites villes du sud Tyrol avec toujours une grande place où les petites rues se rejoignent. Je m’informe à un commerçant pour un endroit où les gens de la place vont manger. Il me conseille une brasserie, parfait! J’y bois une « radler » bière avec de la limonade, rafraichissant, et je mange de la saucisse avec de la polenta. Je ne me sens vraiment plus en Italie même si j’y suis encore. J’entends beaucoup plus parler allemand qu’italien. Plus tard dans la soirée, ce sera une gelato sur la grande place où un très bon groupe rock s’y produit.

 

Jeudi 7 juin – Bolzano

Ce matin je me rends au musée archéologique très visité pour son pensionnaire célèbre: Otzi. Un homme de plus de 5000 ans retrouvé en 1991 par un couple de randonneurs de la région. Il avait été momifié sous la glace…Otzi…pas le couple.

Dans l’après-midi je cherche des infos sur la piste cyclable qui m’amènera jusqu’en Autriche « Le piste ciclabili della Val Pusteria ». Je suis un peu surprise de ne rien trouver au bureau de tourisme. Je me rends à la bibliothèque et y trouve ce que je cherchais… Eurêka!! En italien, mais c’est pas grave. Le préposé accepte de me faire une dizaine de photocopies des cartes seulement. Je suis contente, j’ai tout ce qu’il me faut pour poursuivre ma route.

Hier, au téléphone j’avais joint Paul qui habite à Bolzano. C’est un québécois dont la conjointe Sigi est italienne d’origine allemande. J’avais rencontré ce jeune couple à Riccione à la fin du camp de vélo. Ils ont une belle petite fille de 7 mois, Mila. Vraiment sympas tous les deux. Leur travail leur permet d’alterner quelques mois au Québec et quelques mois à Bolzano. Je pense à mon fils Sébastien et sa douce moitié, Allemande, Sina: mélange heureux de 2 cultures. Ils auront un bébé en octobre. Je serai « nona ». Je rencontre Paul et sa petite Mila en ville vers la fin de l’après-midi pour une gelato. Je souperai et dormirai chez eux. Nous nous rendons à leur appartement-condo: grand, lumineux, des balcons partout, c’est beau. Avant le souper j’en profite pour changer mes patins de frein. Il était temps. Je trouve aussi la cause du bruit qui me fatiguait depuis quelques jours. C’était seulement le capteur de l’odomètre qui accrochait le petit oeil fixé sur le rayon. Je suis pas mal fière de moi. J’ai placé les patins correctement, il faut pas mêler gauche droite, puis refaire l’ajustement des freins pour ne pas qu’ils appuient sur la roue. Oui, les gars je sais…pour la majorité d’entre vous c’est élémentaire, mais pour moi c’est nouveau cette mécanique.

 

Mercredi 6 juin – Levico – Bolzano

9h40, je quitte Levico direction Bolzano. J’aurais voulu partir plus tôt, mais Fernando et Doriana me causent. Lui me fait traverser la rue vers un atelier où sont exposées les oeuvres de fer forgé créées par son père aidé par son fils…impressionnant. Au début son père travaillait essentiellement à ferrer les chevaux.

Je passerai par la piste cyclable qui longe le Lago di Caldonazzo. Je suis bien. C’est facile, je n’ai qu’à suivre la piste à travers ces champs d’arbres fruitiers puis le long du fleuve. Peu d’indications par contre avant d’arriver à Trento. A Pergine Valsugane, je suis complètement perdue! Je demande mon chemin à une fille et un gars en vélo de montagne. Ils me disent de les suivre, ils m’indiqueront la route. Nous arrivons chez la fille, Nadia. Elle m’invite à m’arrêter avant de poursuivre ma route: café, crème caramel. C’est sympa cet arrêt.

J’arrive à Trento par la via Claudia Augusta, cette route tracée pour un empereur romain qui est maintenant empruntée entre autres par beaucoup de cyclistes qui veulent se rendre de l’Allemagne à l’Italie. Même si je suis en retard pour ma route je ne peux ne pas m’arrêter dans cette belle ville au centre historique très vivant à cette heure. Beaucoup de jeunes. J’imagine une ville universitaire.

Je sors de la ville et me retrouve encore dans la campagne. C’est venteux. Un gars passe en vélo de route, j’essaie de m’accrocher pour qu’il me coupe le vent. J’ai quand même toujours mes bagages. J’essaie de lui faire comprendre ce que je veux mais il ne comprend pas … mon italien est plutôt sommaire…. Il finit finalement par comprendre. Bruno, je ferai 30 km avec lui. Belle conversation lorsque pour des portions nous roulons côte à côte. Mon aventure surprend et intéresse: « brava » qu’il me dit. Il était parachutiste pour l’armée italienne, mais il a laissé après la première guerre avec l’Irak. Trop différent de ses convictions. Je poursuis ensuite seule pour arriver après 108 km à Bolzano. Longue journée. Je croyais que j’aurais environ 85 km à faire. Il faut que je fasse attention à ce que les gens me disent et vérifier par moi-même. Il faut dire que par la piste cyclable, c’est plus long que par la route principale et en plus je me suis perdue. Je me trouve un B & B. Je suis faite à l’os! Je sors souper. Un « Spritz » en apéro ? Pourquoi pas ! Je suis sur une petite terrasse près de la Whalter plaza. Beaucoup, beaucoup de gens à vélo. Ça me fait penser à Ferrara. Des pistes cyclables partout, des parcs longeant les 2 fleuves (Isarco, Talvera) qui se croisent dans cette ville entourée de montagnes. Beaucoup de touristes, de gens de montagnes, des cyclistes, des cafés et terrasses partout. C’est vivant.

 

Mardi 5 juin – Levico

Bizarre ce début de journée. Hier soir j’avais décidé de rester à Levico mais ce matin je ne suis plus certaine. Finalement je décide de rester une journée de plus et d’aller faire un tour de vélo proposé par Fernando le proprio de l’auberge sur l’altiplano. Je pars donc, je croise la piste cyclable longeant la rivière que je prendrai pour continuer ma route vers ma prochaine destination. Hum… c’est là que j’aurais le goût d’aller… 9h15, il n’est pas trop tard pour rebrousser chemin. Je ne me décide pas je continue finalement. Dix minutes plus tard, je m’arrête encore. Je fais quoi ?? Puis une seconde fois un peu plus loin. Puis une troisième fois. C’est moi.. je remets souvent en question mes décisions. Finalement je continue ma route: au début une belle montée de 10 km direction Lavaronne. Trop tard pour revenir. C’est vraiment un beau circuit. J’aurai finalement une très belle journée. Dans l’après-midi baignade au lac (Lago di Levico).

C’est mon dernier souper à l’auberge. Fernando sait que je fais du vélo et il me sert des assiettes énormes. Pour le dessert 3 portions!! Je vais éclater. Je discute avec sa soeur Doriana qui s’occupe aussi de l’auberge. Une belle femme dans la cinquantaine, elle travaille fort, s’occupe aussi de sa mère âgée. Je crois qu’elle m’envie un peu. Elle me dit que quand sa mère ne sera plus là elle partira elle aussi.

Lundi 4 juin – Levico terme

Sage décision de rester ici. Ce matin il pleut beaucoup. Balade en ville, j’essaie de trouver des infos sur la piste cyclable Via Claudia Augusta. Tout est soit en italien, soit en allemand. Je suis dans la région du Tyrol du Sud qui autrefois appartenait à l’Autriche. Je ne suis qu’à 75 km de Bassano Del Grappa mais la différence de culture se sent déjà. Cet après-midi je me suis payé un petit luxe: quelques heures aux termes suivies d’un massage. Génial!!…Complètement, relax la fille.

Dimanche 3 juin – Bassano Del Grappa – Levico terme

Je quitte Bassano del Grappa ce matin. Simon, Pietro et Benetta me font leurs adieux. Au moment de partir, il commence à pleuvoir, mais vraiment très peu. Je décide de partir quand même. J’emprunte de petites routes vers le nord pour retrouver la piste cyclable qui m’amènera jusqu’à Levico à 75km d’ici. Le bonheur de me retrouver encore une fois sur mon vélo.

Depuis que je suis partie 3 fois j’ai enlevé des choses de mon bagage. J’apprends. J’ai à peu près le même poids qu’au départ de Montréal, mais j’ai maintenant une tente, un sac de couchage et un matelas en plus. .

Je roule dans la vallée où coule le Brenta. C’est le début des Dolomites. On me dit que les montagnes tout autour ne sont pas encore grosses, mais pour une petite Québécoise elles sont impressionnantes.

Je suis bien. Je roule depuis un bon bout puis me dépassent 3 gars en vélo de route. Je décide de m’accrocher malgré mes bagages. Ils semblent surpris de me voir les suivre ils ralentissent un peu pour me laisser le temps de m’accrocher puis reprennent leur rythme. Ils trouvent ça drôle. Ils sont sympas: 2 amis avec le fils de l’un d’eux. Quand je leur dis que je suis canadienne, ils me parlent de Hesjedal qui a gagné le giro d’Italie. Ils sont déçus que ce ne soit pas un Italien, mais admettent que ce vainqueur est un très bon cycliste. Je fais une quinzaine de km avec eux. Ils me quittent à Borgo Valsugana. Ils terminent leur tour de 110 km commencé tôt ce matin. J’y fais une pause « gelato ».

Un peu plus tard, je m’arrête pour regarder ma carte un gars s’arrête pour m’informer. Je ne vais pas dans la bonne direction. Paolo, il décide de changer son itinéraire pour me montrer le bon chemin. Je ferai avec lui une dizaine de kilomètres. Il me laissera à Levico avant de poursuivre sa route. Je réalise qu’être en vélo me permet de rencontrer beaucoup de gens. Toujours la même question depuis que je suis en Italie « Da sola ?!!  » (tu voyages seule ?!!) Ils sont surpris. En Italie du Nord, il y a énormément de vélo de route. Ce dimanche matin, j’ai bien du en croiser plus d’une centaine pour la plupart en groupe, mais que des gars, rarement des filles.

J’arrive à Levico à l’hôtel Ideal où j’y ai réservé une chambre: 36 euros avec déjeuner et souper!! Je pars me promener en ville. C’est petit et joli Levico, sur le bord d’un lac et reconnu pour ses termes.

Je me présente au souper, affamée. En entrée, un bouillon avec de grosses boules presque comme des balles de tennis faites de pain, fromage, jambon « canederli in brodo » délicieux. C’est un plat typique. Je mange trop, mais tout est bon. Je décide de rester une journée de plus pour explorer un peu et relaxer.

 

Samedi 2 juin – Bassano

Ce matin je vérifie mon vélo, car je quitte Bassano demain après plus d’une semaine. Je voulais changer mes patins de freins, mais finalement je crois que ça ira encore pour un bout. C’est que je n’ai jamais tant descendu, tant utilisé mes freins avec tous ces cols. C’est nouveau pour moi ces descentes qui n’en finissent plus…mais il faut d’abord monter. Je lave aussi ma monture qui en a bien besoin, huile ma chaîne à l’huile d’olive comme font tous les Italiens… mais non, je rigole!

Ce midi je rejoins Letizia et Virgilio pour un dernier dîner. Ils me font goûter encore à toutes sortes de choses typiques italiennes. Je leur fais mes adieux.

Je reviens pour préparer mes sacoches. J’ai enlevé beaucoup de choses depuis que je suis partie, mais je n’avais pas de balance pour vérifier si le poids était bien réparti de chaque côté. J’en profite pendant que j’en ai une. Je suis prête pour demain.

Simon et Ivana passent me pendre pour souper avec un groupe d’amis. Nous irons au resto de l’ami de Simon dans un petit village pas très loin: Solagna.

Vendredi 1er juin – Bassano (Follina)

Simon m’a organisé une sortie de vélo ce matin avec un ami et collègue de travail. Giampietro passe me prendre à 9h. Nous ferons une belle « ride » de 96 km en passant par cette région où sont cultivées les vignes pour la production du Prosecco. Ce vin blanc légèrement mousseux exporté partout à travers le monde et produit uniquement à cet endroit. Nous faisons un arrêt à Follina: très ancienne église avec à côté un magnifique jardin intérieur tout fleuri de roses. Belle balade avec du plat, de bonnes montées et encore de belles descentes. Merci Giampietro !! Je comprends pourquoi tant d’Italiens font du vélo de route dans cette région. C’est tellement beau et diversifié.

Souper avec Simon, Pietro, Beneta. Parce que je lui parle de mon intérêt d’aller vers l’est plutôt que vers l’ouest, Simon me raconte son voyage vers l’Europe de l’est lorsqu’il était jeune. Oui, mon idée est faite, quand je serai en Autriche je rejoindrai le Danube pour prendre la piste qui longe ce fleuve, direction Vienne.

 

Samedi 26 mai au jeudi 31 mai (Bassano) à venir

à venir

Vendredi 25 mai (Este – Bassano Del Grappa)

Il fait beau ce matin. Je quitte Este et me dirige vers une piste cyclable qui me permettra de faire les premiers 10 km facilement. Je trouve la piste, mais à un carrefour, deux directions possibles. Je m’arrête regarde la carte un gars s’arrête pour savoir si j’ai besoin d’aide. Il se dirige dans la même direction que moi il me propose donc de le suivre. On se comprend quand même assez facilement même s’il ne parle qu’italien. Le hasard…c’est un très bon ami des gens du B & B chez qui j’ai dormi hier soir: Roberto. C’est merveilleux de rouler sans me soucier de savoir si j’ai pris la bonne route. Je n’ai qu’à le suivre. La piste cyclable terminée, il emprunte de petites routes tranquilles, jolies. Je ferai les 30 premiers kilomètres en sa compagnie.

J’ai bien dû prendre le triple du temps pour faire les 55 prochains kilomètres. J’arrête souvent, je regarde ma carte, je demande. J’ai entré les petites villes par lesquelles je voulais passer sur Mapsource puis j’ai transféré le trajet sur mon GPS, mais il veut toujours me ramener sur les routes plus directes où il y a toujours trop de circulation. Je vois bien qu’il y a de petites routes sur la carte je sors donc de temps en temps du tracé. Mon GPS me répète: « demi-tour aussitôt que possible », demi-tour aussitôt que possible » mais je résiste et il finit par comprendre.

Je suis bien chanceuse de l’avoir quand même ce GPS. En arrivant à Bassano Del Grappa, j’entre l’adresse de Letizia et Virgilio. J’arrive devant cet immeuble, est-ce que c’est là ? Je ne suis pas certaine, mais je crois que oui. J’y suis venu en 2009. Je crois reconnaître leur terrasse tout en haut. Oui, c’est bien ici. J’appelle Letizia avec mon cellulaire: « Leti sors sur ta terrasse ». Elle est là tout en haut. Je suis heureuse de la retrouver ainsi que Virgilio son mari.

J’ai connu Letizia à 18 ans. Nous étions au collège ensemble. Un an plus tard, elle et sa famille italienne sont retournées vivre en Italie. Elle y a fait sa vie, mais nous avons toujours gardé contact et nous nous sommes rencontrées à plusieurs reprises depuis toutes ces années. Simon, son frère, que je connais aussi très bien et qui habite tout près, vient nous rejoindre pour le souper. J’habiterai chez lui cette semaine. Il a une grande maison donc plus de place pour m’accueillir.

 

Jeudi 24 mai (Ferrata – Este) à venir

à venir

Mardi 22 mai – Mercredi 23 mai (Ferrara) …nouveau 2012/09/30

Mardi 22 mai: Riccione – Ferrara

Je déjeune seule ce matin. Le groupe de mon camp de vélo a quitté cette nuit pour reprendre l’avion vers Montréal. Fini pour eux les vacances, je me trouve chanceuse de poursuivre mon périple. J’ai passé une très belle semaine en leur compagnie.

Mes bagages attachés sur mon vélo, je quitte l’hôtel où j’étais avec le groupe depuis une semaine pour me rendre à la gare. Je suis attendue dans quelques jours chez des amis qui habitent plus au nord à Bassano del Grappa au pied des Dolomites. J’ai décidé de faire un bout en train pour quitter cette zone de bord de mer où il y a beaucoup de voitures sur les routes. Il me restera après environ 160 km. à rouler pour me rendre chez mes amis. Donc, prochaine destination: Ferrara. J’avais lu il y a quelques mois dans la section voyage de La Presse que c’était la ville italienne la plus accueillante pour les cyclistes…je veux voir ça. Il y a eu un important tremblement de terre il y a quelques jours à cet endroit mais bon…je m’y rends quand même.

Gare de Ferrara: des vélos, des vélos, des vélos partout, un stationnement de vélos!! C’est incroyable!! Mon fidèle GPS m’amène à l’auberge de jeunesse où j’ai réservé une place. Ma première nuit à vie dans une auberge de jeunesse: vaut mieux tard que jamais…Je serai dans un dortoir de 7 personnes; pour le moment je ne vois que 2 autres lits occupés. Je laisse mes choses et je pars me balader à pied vers la vieille ville. Il y a des périmètres de sécurité partout à cause du tremblement de terre d’il y a quelques jours seulement. Beaucoup de dégâts dans la vieille ville. Le magnifique château fort érigé en 1385 où se trouve entre autre le bureau de tourisme n’est pas accessible. Plusieurs maisons ne sont plus habitables et pas très loin d’ici plusieurs personnes sont mortes, ensevelies sous les décombres. Mais la vie semble déjà avoir repris son cours. Le soir venu, les terrasses sont pleines, c’est vivant, tout le monde arrive en vélo.

Au retour à l’auberge je rencontre une de mes co-chambreuses, Rana. Elle y est parce que sa maison n’est plus habitable à cause du tremblement de terre. Je me sens un peu gênée d’y être en touriste. Elle semble très triste. Je la vois faire son yoga avant de s’endormir…elle doit en avoir bien besoin.

 

Mercredi 23 mai:  Ferrara

Ferrara, cette ville d’Émilie-Romagne a conservé une grande partie de ses remparts. Je décide ce matin d’aller en faire le tour: une piste d’une dizaine de kilomètre la ceinture. Puis toujours à vélo, je continue dans la ville. Ici, un citoyen sur trois pédale pour se déplacer.

Il commence à pleuvoir. Je m’arrête pour enfiler mon imperméable. À côté de moi passe une femme tenant son guidon à une main et de l’autre…son parapluie. Puis une autre un peu plus loin, puis encore une autre; c’est tellement beau!! J’aurais voulu prendre une photo mais le temps de m’arrêter, sortir la caméra, elles sont parties: trop loin, tournées le coin, passent trop vite…pas de photos…suis déçue.

En fin d’après-midi, je m’arrête pour un café. Toujours dans la soucoupe un petit quelque chose: des petits biscuits, du chocolat, une petite touche de raffinement tout le temps. Ah…ces italiens! Un peu plus tard, en passant devant une garderie, je vois une mère quitter avec 2 enfants sur son vélo: un en avant, l’autre en arrière, pas de casque rien, c’est comme ça.

« Che » termine mon « chouper », « chuuiii » d’bonne humeur après mes 3 verres de vin. Ah…ces italiens! Je me suis payé un  repas à 18 euros qui comprenait: entrée, plat principal, dessert + eau en bouteille + service + 1 verre de vin blanc + 1 de rouge + 1 vin sucré avec le dessert. Je n’avais pas remarqué ces 3 verres compris dans le menu. C’était écrit seulement en italien: « In abbinamento al menu tre calici di vini del Bosco Eliceo… »

Bon, « chuuiii  fachiiiguée », vais dormir. Je quitte demain matin vers le nord en vélo. Je crois prendre 2 jours pour me rendre à Bassano del Grappa en me rallongeant pour ne pas être sur des routes trop passantes.

 

Mardi 15 mai – Lundi 21 mai (Riccione camp de vélo)

à venir

Lundi 14 mai – Riccione (jour 1)…….nouveau (2012-10-14)

Quel petit déjeuner !! Tout pour satisfaire un athlète qui veut bien s’alimenter. Non, je ne parle pas de moi. Mais Riccione qui est sur le bord de la mer Adriatique avec cette enfilade d’hôtels le long de la plage serait vide à cette période de l’année si ce n’était des forfaits offerts aux cyclistes et aux triathlètes.

Le groupe de Montréal devrait arriver dans l’après-midi. Je décide d’aller me balader un peu. C’est bizarre, je ne me sens plus vraiment en Europe. Ce n’est pas très beau. Des hôtels du genre nord américain des années 50, des affiches voyantes, une rue de petits commerces qui vendent des babioles pour touristes, non pas très jolie. Je croise des coureurs, des cyclistes, pas des italiens: des anglophones surtout mais tous ont l’air de super athlètes. Il y en a partout. Je marche aussi sur la plage. La mer reste quand même la mer: le vent, le sable, le bruit des vagues…c’est agréable.

J’avais décidé de faire ce voyage en Europe en août dernier mais en novembre…petite hésitation…qu’est-ce que je fais là…partir seule à vélo, si longtemps. Non!! Je ne change pas d’idée. Allez, j’achète mon billet d’avion et je réserve ma place pour ce camp d’entraînement de vélo en Italie d’une semaine. Pas le choix, je ne peux plus reculer et mon mois de mai est un peu plus organisé. Après le camp je roulerai jusque chez des mes amis au nord, à Bassano del Grappa. C’est  mon amie Danielle du club cycliste Le Yeti qui m’avait parlé de ce camp organisé par CycleTechnique. Elle y sera avec son copain Patrice. Je connais aussi deux autres filles, France et Mélanie qui y participeront. Notre semaine se terminera par un grand fondo, le NOVE COLLI, 202 kilomètres et 9 cols. Les filles et moi se contenteront de la distance plus courte 130 kilomètres mais quand même 4 cols. Il y a autour de 13,000 cyclistes qui participent à cet évènement.

Fin d’après-midi, la gang arrive : 17 cyclistes, des gars, des filles. Ils sont fatigués, le trajet a été long. Au souper je réalise avec qui je suis…des gens qui arrivent déjà entraînés, qui ont fait du spinning une bonne partie de l’hiver, plusieurs sont inscrits au triathlon « Ironman » d’août prochain qui aura lieu au Québec. Cette épreuve qui enchaîne dans la même journée: 3.8 km de natation, 180 km. de vélo et un marathon de 40 km…Moi qui ai terminé mon ski de fond depuis déjà 2 mois et qui n’a que 300 km. de vélo sur route…Bon, je verrai bien demain.

Dimanche 13 mai (Bernin – Riccione, Italie)

Je me lève très tôt. Mon vélo doit être en partie démonté et placé dans un sac pour le trajet en train. J’avais gardé le sac fourni par Air Transat. Je dois dire que je suis un peu nerveuse pour ce trajet. J’ai mon vélo à transporter plus mes bagages, mais c’est surtout que j’ai 2 transferts. On verra bien. Francis, Raphaël et Julie viennent me reconduire à Chambéry, je leur fais mes adieux, bye bye la France!!

Turin, premier transfert. Je débarque je n’ai que 11 minutes pour me rendre au quai où je dois prendre mon prochain train. Je regarde les tableaux… Fiou!!… c’est sur le même quai. Le train arrive, je vois passer le wagon avec le pictogramme de vélo. Je devrais marcher jusqu’en avant. Tant pis, j’embarque dans le wagon juste en avant de moi. Un employé me voit, il prend le sac avec mon vélo et me dit de le suivre. Nous traversons 5 wagons pendant que le train est déjà en marche pour arriver jusqu’à celui où j’aurais dû aller… merci… Il y a toujours quelqu’un pour m’aider.

Bologne, deuxième transfert…Fiou!!… c’est encore sur le même quai. Le train est même déjà là, en avance. Il attend l’heure pour partir. Je m’informe, le wagon vélo est tout en avant. Je repère le gars le plus costaud autour de moi, un grand gaillard avec un drôle de petit chapeau, genre tyrolien avec des médailles dessus et je lui demande s’il peut m’apporter mon vélo jusqu’au premier wagon. Il est polonais, ne parle ni français, ni anglais, ni italien. Merci!!

J’arrive à Riccione, ma destination. Il pleut. Je remonte mon vélo à la gare, installe mon GPS, j’y ai entré l’adresse de l’hôtel où je dois me rendre. J’y serai pour toute la semaine pour un camp de vélo. Le groupe de Montréal dont je fais partie arrivera demain. Heureuse d’être arrivée. L’hébergement comprend aussi les repas. Le souper est très bon. Je reconnais cette délicieuse cuisine italienne.

Du 8 au 12 mai 2012 – Bernin

Mardi 8 mai (Bernin – Col du Coq)

Journée tranquille. Il pleut beaucoup. J’en profite pour faire un peu l’inventaire de mon bagage. Je me rends compte que j’ai trop de choses. J’enlève, j’enlève encore. Vers la fin de l’après-midi, une éclaircie. Francis me propose une ballade en moto jusqu’au col du Coq. C’est la route que j’aurais prise si j’avais eu un dérailleur, plus courte encore que par le col du Granier où Jean-Pierre m’avait laissé.

Première fois de ma vie en moto. C’est génial!! Amenez-en des cols…mais ouille…en vélo avec mes bagages même avec un dérailleur j’en aurais arraché… Plusieurs cyclistes sur la route. Je m’aperçois aussi que plusieurs ont trois plateaux sur leur vélo.

Mercredi 9 mai (Bernin – Marie et Alain)

Quelques courses le matin, car Marie et Alain des amis viendront manger ce midi. Je me propose pour faire le repas. « Poulet simplissime à la Distasio » son nom le dit c’est très facile à cuisiner.

Marie était professeur de français elle est maintenant à la retraite. Alain était confiseur à Crolles tout près d’ici. Il est depuis quelques mois seulement à la retraite. Dommage, j’aurais bien aimé voir à quoi ressemble une confiserie artisanale. Ils habitent depuis plusieurs années juste en face de la cité Villeneuve à Grenoble. Pour eux ces projets de cités avaient été très bien pensés à l’époque , maintenant c’est vrai que ce n’est plus ce que c’était. Eux y sont habitués, mais maintenant qu’ils sont à la retraite ils déménageront dans leur petite maison à Nice. J’aime beaucoup entendre toutes ces histoires, ces vies, différentes de ce que nous connaissons chez nous. Après leur départ j’emprunte le VTT pour aller me balader autour. Il fait très beau, j’en profite pour faire quelques photos.

 

Jeudi 10 mai (Bernin – Via Ferrata)

D’après le courriel envoyé par Simon et le numéro de suivi de la poste, je devrais recevoir ma pièce pour mon vélo aujourd’hui. Je n’ose pas sortir, car s’il n’y a personne à la maison ils ne laissent pas le colis. 12h30 voilà le camion de livraison. Je suis contente. La voilà cette pièce tant attendue. Je l’installerai demain, car Francis me propose d’aller faire la via ferrata de Crolles. C’est très populaire ici. Il y en a à plusieurs endroits: des faciles, des plus difficiles.

Nous devons marcher 45 minutes en montée avant d’arriver aux parois. Puis nous commençons, bien attachés avec les sangles, les mousquetons et tout. Ce Francis je ne crois pas qu’il réalise que je n’ai jamais fait de via ferrata, que je n’ai jamais fait d’escalade de ma vie, que je n’ai pas la technique et que je n’ai plus 20 ans !! Oui, j’ai peut-être un look de sportive, mais de là à le faire les doigts dans l’nez…ouf…c’est quand même exigeant et quelle hauteur!! Mais je suis fière j’ai réussi. Après, c’est la descente que je trouve longue. Je suis fatiguée, »faite à l’os », les genoux écorchés, les muscles endoloris, des ecchymoses un peu partout, mais heureuse de l’avoir fait.

 

Vendredi 11 mai (Bernin – St-Pierre de Chartreuse)

Après le petit-déjeuner, je remonte le dérailleur, je remets le bout de chaîne que j’avais enlevée, mais je n’arrive pas à rattacher le câble de vitesse: trop court. Je décide d’aller dans une boutique de vélo pour terminer le travail. Mon accent, mon aventure, ma mésaventure de la semaine intéressent toujours. Les gens posent des questions, s’informent. Je pourrais maintenant partir de Bernin mon vélo est réparé, mais ça ne vaut plus la peine, je prends le train pour l’Italie après demain à partir de Chambéry pas très loin d’ici.

Si je n’avais pas eu ce problème mécanique, je serais passée par St-Pierre de Chartreuse avant d’arriver à Bernin. C’est là que se trouve le monastère ainsi que le musée relatant l’histoire et la vie de cette grande communauté de moines, l’Ordre des Chartreux. Cette communauté se retrouve partout à travers le monde. Francis m’offre de m’y amener dans l’après-midi. J’y découvre un lieu unique, grandiose. J’y achète une petite bouteille de Chartreuse, cet alcool produit ici par les moines.

Samedi 12 mai (Bernin – Raphaël)

Mon vélo maintenant réparé je décide d’aller faire une balade. Je vais sur les balcons de Belledonne…là-bas tout en haut…ouf…je suis en début de saison de vélo…je peine un peu. Je suis fatiguée cette semaine… J’en fais peut-être un peu trop. Mais encore…au retour Francis veut m’amener voir la Dent de Crolles. Ça m’intéresse, c’est ma nature, je suis curieuse, je veux tout voir, mais je suis déjà fatiguée avant de partir. Une randonnée qui nous prendra 3 heures. Dommage, tout en haut c’est le brouillard. Nous ne voyons rien. Ce fut par contre une belle montée.

Raphaël, le fils de Francis, ainsi que sa copine Julie seront là pour le souper. Raphael viendra étudier à Montréal en septembre. Il pose beaucoup de questions, il est curieux sur l’hiver et sur toutes sortes d’autres choses. Je lui rappelle de faire bien attention aux indiens, nous rigolons. J’aimerais bien le recevoir chez nous à Val-David.

Je quitte demain je prends le train de Chambéry jusqu’à Riccione en Italie. Mes bagages ne sont pas préparés, mon vélo n’est pas dans son sac. Tant pis, je me dis que je me lèverai tôt pour tout préparer.

 

 

Lundi 7 mai (St-Pierre d’Entremont – Bernin)

Je discute beaucoup avec Marie-Christine. Nous avons plusieurs intérêts en commun. Elle a aussi beaucoup participé à la construction de leur maison comme moi à Val-David. Elle m’impressionne. Elle fait tout : du petit point de broderie à la menuiserie. Dans l’avant-midi nous marchons jusqu’aux ruines du château d’Entremont juste à côté puis nous allons au village visiter l’appartement qu’ils sont à rénover et qui sera celui de Fanny.

Jean-Paul me fait aussi visiter son nouveau grenier à grain à côté de la maison. Il a récupéré les matériaux d’un ancien grenier et avec d’autres matériaux et selon des plans d’un modèle original, il a construit celui-ci. Il m’impressionne lui aussi. Tout ce travail et réalisé avec tellement de goût. Ils ont connus le Québec. Lui, géologue de formation, est venu au nord de notre province : Val-d’Or, Rouyn. Je retrouve un peu d’inspiration de chez nous chez eux : les raquettes en babiche accrochées sur leur mur de salon et ce tissu à carreau rouge et blanc dans ce grenier.

En début d’après-midi, Jean-Paul me reconduit en voiture en haut du col du Granier. Sans dérailleur, je n’aurais pu monter et c’est la route que je dois prendre pour ma nouvelle destination : Bernin. Toute une descente, j’en ai mal au bras à force de freiner. Je m’arrête par endroits juste pour reposer mes biceps : qui aurait dit ? reposer ses biceps en vélo!! Il faut dire qu’il y a le poids de mes bagages qui me pousse et la pente est plutôt forte. Je n’ai jamais fait de col : impressionnante cette descente. Après ce bris mécanique de la première journée, j’ai comme une crainte qu’il arrive autre chose. Je crois aussi que mon poids est mal équilibré droite-gauche. Mon vélo tangue parfois. Je devrai vérifier que c’est égal de chaque côté. Au bas du col je prends une route tranquille puis une autre que je n’aime pas tellement : beaucoup de circulation et peu de place sur le côté de la route. Même si le trajet n’est que de 40 km il me paraît presque plus long que celui d’hier. Je suis un peu fatiguée aussi, j’ai mal dormi et le décalage horaire se fait sentir. J’arrive enfin à Bernin. J’ai entré l’adresse de Francis dans mon GPS. Je trouve facilement sa maison.

Je suis heureuse de rencontrer à nouveau cet aventurier rencontré au Chili alors qu’il faisait le tour du monde en moto. Il a croisé beaucoup de gens pendant son voyage, il a été reçu parfois et il est heureux de recevoir ces personnes rencontrées lors de son périple. Déjà une cycliste espagnole est passée, bientôt des motards belges, rencontrés je ne sais plus où, et maintenant moi la cycliste québécoise. Je suis chanceuse d’être accueillie chez lui et très important je pourrai étirer mon séjour afin de recevoir la précieuse pièce de mon vélo qui me sera envoyée ici par mon ami Simon d’Italie.

Bernin est une petite ville à environ 20 km au nord-est de Grenoble tout à côté de Crolles. Deux municipalités très prospères grâce entre autres à une très importante société de semi-conducteurs. C’est aussi à Crolles que se trouve la société Petzl qui fabrique le matériel d’escalade et ces lampes frontales très connues.

Ici les montagnes nous entourent de partout. On y voit aussi la très impressionnante Dent de Crolles. Francis a une très ancienne et très grande maison, mais surtout un magnifique jardin.

 

Dimanche 6 mai (Crémieux – St-Pierre d’Entremont)

Que j’ai bien dormi !! Peut-être parce qu’en m’endormant, je savais que je pourrais rouler aujourd’hui. Après un petit-déjeuner succulent, pain maison, produits du terroir, je m’installe pour faire ma réparation. Bon, enlever le dérailleur…ça ne doit pas être compliqué. Je dévisse ce qui est vissé!! Voilà le tour est joué. J’ai dans les mains cette petite pièce qui est cassée: la patte du dérailleur. J’attache le fil de vitesse pendant sur la fourche arrière. Maintenant la chaîne. J’ai mon dérive-chaîne, je pousse le rivet juste assez pour défaire le maillon, mais sans qu’il ne sorte complètement. Voilà, je mesure ce dont j’ai besoin comme longueur. Je décide de mettre la chaîne sur le plus petit des 2 plateaux à l’avant et sur à peu près le pignon du milieu à l’arrière. Pour ceux qui connaissent, ça donne 34 x 23 comme rapport. Toujours avec mon dérive chaîne j’enlève la portion de chaîne en trop et je la remets en place. Pas mal fière de moi. Je fais un essai, tout fonctionne. Ça fait bizarre d’appuyer sur les manettes de vitesse et que rien ne se passe.

12h30. Je suis prête à partir. Mes bagages sont sur mon vélo. J’ai attaché une courroie à partir du porte-bagage jusque sous le siège comme sécurité pour ne pas qu’il foute le camp encore une fois. Je fais mes adieux à Nathalie et Richard les proprios de l’auberge si sympathiques et je pars. Je suis attendue chez des amis de Francis: Jean-Paul et Marie-Christine à St-Pierre d’Entremont au coeur du massif de la Chartreuse en Isère. Lui, maire de ce petit village de montagne de 550 habitants est responsable de la tenue des élections présidentielles à cet endroit aujourd’hui même. Mon but est d’arriver avant la fermeture des votes à 6h. J’ai presque 80 km à faire.

Je suis bien. C’est dimanche, Il n’y a pas beaucoup de voitures sur les routes. Je traverse de jolis petits villages. Je roule en Europe…

Sans dérailleur, avec cette unique vitesse je ne roule pas très vite: 20 km max. Heureusement le parcours est assez plat, mais je sais ce qui m’attend à la fin dans la montée du massif…Je trouve assez bien mon chemin. Je me trompe une fois, je demande quelques fois, ça va. 4h30, j’arrive à Entre-Deux-Guiers. Je vois la pancarte qui annonce St-Pierre d’Entremont encore 12 km, mais que de la montée en lacet. Je mets le pied à terre quelquefois et j’arrive à 5h45 au village. Les bureaux ferment dans 15 minutes…j’ai réussi. J’y rencontre le maire Jean-Paul. Les conseillers sont là aussi. Je décadre un peu, habillée en vélo, parmi ces gens responsables des élections. À 6h. il ferme le vote, vide la grosse boîte avec les petites enveloppes bleues sur la table et commence le dépouillement des votes: Hollande…Sarkozy…Hollande…Hollande…Sarkozy. Je me trouve chanceuse d’y assister. Puis un p’tit coup de rouge avec les conseillers (ères) avant que Jean-Paul m’amène chez lui. Ils ont une belle maison de montagne. C’est lui qui a décidé des plans. J’y rencontre Marie-Christine, sa femme et sa fille Fanny. Quel bon souper nous mangeons!! Puis dodo bien mérité.

 

Samedi 5 mai – Lyon

L’avion atterrit à Lyon. Je récupère mes sacoches puis ma boîte avec mon vélo. Je m’installe là juste à côté pour le monter. Un gars s’arrête puis quelques minutes plus tard un autre. Ils me disent qu’ils sont cyclistes eux aussi. Mon beau Vai-Vai impressionne. Ils sont surpris de voir une fille toute seule en train d’assembler son vélo.

Je suis prête, je quitte l’aéroport. J’ai réservé une auberge à Crémieux à environ 25 km. Tout va bien. J’avais déjà regardé la route à quelques reprises sur Google. Je ne veux pas juste utiliser mon GPS, car je ne veux pas me retrouver sur des routes avec trop de circulation. Je suis bien « tralalaire »…trop bien…Quelques kilomètres avant d’arriver, tout mon bagage se retrouve parterre à l’arrière de mon vélo. La vis du dessus de mon porte-bagage était mal vissée. Tout est parti vers l’arrière accrochant et cassant mon dérailleur au passage… C’est pas vrai!! Ça ne fait pas 5 minutes qu’un jeune arrête sa voiture pour savoir si j’ai besoin d’aide. Il me laissera moi et mon vélo à l’auberge. Finalement ce n’est pas le dérailleur qui est cassé, mais bien la patte du dérailleur. Cette pièce très spécifique à chaque vélo ou chaque marque qui se trouve entre le cadre du vélo et le dérailleur: la patte du dérailleur. Avec le gars de l’auberge, nous téléphonons chez des magasins de vélo distributeur de Wilier. Tous la même réponse: ils n’ont pas la pièce, ils doivent la commander et pas avant mardi matin, car c’est congé lundi et il faut compter encore 4-5 jours. Nous sommes samedi… C’est pas vrai. Je suis tellement déçue.

J’étais censée être hébergée le lendemain chez des amis d’un ami à environ 80 km de Crémieux. Je rejoins Francis pour lui dire que je ne pourrai me rendre chez ses amis. Nous discutons. Il est 5h15 les magasins ferment à 6h. et sont fermés demain. Il pense: dépêche-toi essaie de trouver une place encore ouverte qui te mettrait ta chaîne fixe sur une vitesse… Génial!!! Mais je suis capable!! Je n’ai pas besoin de personne…Génial !! Merci Richard de m’avoir montré comment utiliser un dériveur de chaîne… la semaine passée. Je suis trop fatiguée, je n’ai pas dormi. Je ferai ça demain matin, au moins je pourrai rouler. Je suis soulagée…tellement soulagée. J’envoie aussi un courriel à mon ami Simon, le frère de Letizia en Italie pour voir s’il ne pourrait pas m’avoir la pièce et la faire livrer où je serai dans quelques jours. Il est italien mon Vai-Vai.

 

Vendredi 4 mai Montréal – Le départ

C’est le grand jour. Je pars ce soir. Richard vient me reconduire à l’aéroport. Suzanne viendra nous y rencontrer.

Mon vélo est dans sa boîte. Mes sacoches bien remplies. Est-ce que je suis prête ? Je ne sais pas trop. Je sais pas mal ce que je ferai en mai mais après, je sais pas. Je verrai. J’irai au « feeling », au gré des rencontres, des conseils.